Après le film de Jake Kasdan, on n'ignore plus rien du processus de création, par une chaine de télévision, d'une sitcom. Certes, on n'est pas étonné que tous les aspects du "produit" relèvent strictement de l'étude de marché, mais la causticité avec laquelle le réalisateur passe en revue toutes les étapes de l'élaboration d'un pilote de sitcom est assez savoureuse. En se détournant de la farce et de la caricature, le film manque juste un peu de relief comique.
La figure centrale du film est l'auteur, scénariste intègre d'une histoire inspirée par sa vie. Le pauvre voit lui échapper l'essence même de son sujet, pas assez grand public ; il doit renoncer à s'imposer face à une productrice aimable et toute puissante, obsédée par le marketing, les rentrées publicitaires, le public cible.
La comédie est à la fois le récit de tractations mercantiles et celui du tournage du pilote où l'on s'amuse -le procédé est plaisant sinon inédit- de l'égo des comédiens, d'un sujet profond et personnel, dépouillé pour devenir un intrigue aseptisée. A l'image de l'attitude digne de l'auteur dépossédé, le film se déroule sans éclat (de voix), suggérant avec subtilité et distance les ridicules attachés à la fabrication d'un concept.