Premier long-métrage pour Julio Quintana, réalisateur cubain-américain ayant collaboré comme assistant de la photographie dans A la merveille, de T. Malick et début manqué pour celui-ci. La cause à sa non-originalité, à son absence de créativité voire à la tentation du plagiat tant The Vessel s'inspire du cinéaste américain avec qui il avait collaboré – et qui, fruit du hasard, produit son film.
A la merveille était déjà une pâle copie de l'excellent The three of life, qui avait permis à Malick après trente ans de silence cinématographique de retrouver le succès. The Vessel, est donc une copie de la copie, - et ce qui nous reste, ce n'est presque plus rien si l'on en retire tous les poncifs de Malick dernière version: images de lumière en contre-plongée à lier avec un certain mysticisme mêlé de religiosité (la musique allant dans ce sens), brèves ellipses amenant à des prises de vues plus proches de la photographie que du cinéma, gros plans sur des personnages tourmentés subissant l'épreuve chrétienne de la souffrance avant la rédemption, subjectivité et multiplicité des regards à travers la caméra à l'épaule suivant plusieurs personnages – et donc caméra toujours malmenée, tremblante, bousculée, tordue, …
Si la déconstruction du récit grâce à un montage osé suivant le fil conducteur de la vie, de la transmission générationnelle se révélait être la touche de génie et la pierre de voûte du cinéma poétique de Malick dans The three of life, dans The vessel le maintien d'un cinéma de prose cherchant à raconter une histoire sur la volonté de recréer la vie dans une île où l'on la refuse (ces enfants morts, personne ne veut qu'on les remplace) tout en apportant une touche de beauté esthétique échoue à nos yeux tant Quintana hésite entre poésie et prose et de ce fait ne fait l'un ni l'autre en fin de compte.
De même, la magnifique photo - plus proche des magazines de mode que du cinéma - ainsi que ces allusions établissant des parallélismes entre le Christ et le personnage principal nous semblent si déplacées, stéréotypées et maladroites qu'on n'a encore l'impression d'avoir une indigne contre-façon Malickienne, si bien qu'on est à même de se demander qui se cache véritablement derrière la caméra. Alors, Quintana, fils du créateur ou incarnation de celui-ci?