Encore un de ces film "moi tirer lapin chapeau".
Shyamalan avec son parcours ascensionnel mitigé ne tombe pas de trop haut, pourtant il a eu quelques bonnes idée menée à bien sans pour autant toucher à un professionnalisme, un néo-classicisme hollywoodien trop exacerbé, quoiqu'il n'a pas hésité à s'y frotter entre "signes" et "les chevaliers de l'air". Sinon, il développe un style personnel plutôt atypique et d'une certaine platitude habitée. On sent dans ses premiers films un désire d'explorer les tréfonds de la nature humaine, un je ne sais quoi d'intimiste à la fois envoûtant et malsain sans pour autant toucher à la perversité.
Dans The visit, il y a bien sa griffe, sauf qu'il semble nous raconter intentionnellement des conneries. À l'instar de ses compères/concurrents en réalisation, son cinéma semble ne plus lui appartenir tant que ça et on se retrouve face à un rythme et une esthétique conjugués à de l'idéologie sous-jacente, collés ici sur du Hansel & Grettel avec un rebondissement final qui donne sur ...du rien!
L'histoire alambiquée qu'instaure ce dénouement n'est pas très convaincante, truffée d'impossibilités (comme cette amie qui fourni la chnouf et qui ne s'est pas rendue compte qu'il y a usurpation d'identité) et tout-à-fait dispensable. En fin de compte, on a surtout suivi les mômes qui nous apprennent à vivre en jouant à la caméra et à apprécier son style, "Yo man! je vais t'esspliquer ta race" cohabiter avec la vieillesse dans tout ce qu'elle a de plus dégradant, sans sagesse ni cohérence, ni intérêt.
Nous sommes une fois de plus devant le genre "Moi tirer lapin chapeau". Un genre où "c'est comme ça parce que c'est comme ça", parce que c'est un divertissement et pas du cinéma d'auteur, le cadre même qu'instaure le film ne doit pas limiter les obstacles (que sont les impossibilités) au bon déroulement du scénario, même s'ils en sortent, on se contentera de ne plus les évoquer.
Tout l'art ne consiste-t-il justement pas à se retrouver dans un cadre qui colle à la narration qu'on va mettre en boite? aussi libre ou rigide soit-elle. Même si le cadre choisi est l'explosion du cadre, ça ne pose aucun problème. Reste qu'un bon film a pris le soin de faire retomber ses plantages sur leurs pattes, ce n'est pas le cas ici.