S'intéressant au funambule Philippe Petit, et son exploit de s'être promené sur un câble tendu entre les toits des tours du World Trade Center, sans sécurité, Zemeckis laisse son interprète, Joseph Gordon-Levitt, retracer la vie de cet artiste de rue, et la planification de son coup de maître, à la façon d'un Bronson. Le scénario suit plutôt bien le déroulé des évènements, notamment toutes les péripéties qu'on croit rajoutées pour le spectacle qui ont bien eu lieu. Autre surprise, c'est cette alternance constante entre le français et l'anglais, avec une prononciation excellente de la part de Gordon-Levitt, qui ajoute un brin de véracité charmante à la reconstitution. L'acteur s'est aussi entraîné sous la supervision de Petit pour effectuer lui-même certaines traversées sur le fil. Les seconds rôles tels que Ben Kingsley, ou Charlotte Le Bon sont également bien dosés, et participent au ton léger et décalé qui s'élève de cette petite troupe manigançant le casse du siècle. La partition frivole de Silvestri n'est pas anodine à l’enthousiasme qui se dégage de cette entreprise. Enfin, la mise en scène tire partie des hauteurs démesurées, avec pas mal de plans prévus pour la stéréoscopie, mais également un rendu vertigineux de ces performances au-dessus du vide.