Ce n'est pas pour son sujet maintes fois traité - le retour difficile des soldats, après la guerre au Vietnam - ni pour sa mise en scène hyper classique (c'est l'adaptation d'une pièce de théâtre) que le film mérite le détour, mais pour ses trois acteurs principaux qui livrent de grandes performances.
Les trois personnages sont plus complexes qu'ils ne le paraissent et certains, comme le père joué par Martin Sheen, se révèlent finalement beaucoup moins sympathiques qu'ils n'en avaient l'air, et c'est l'inverse pour la mère jouée par Katy Bates.
Emilio Estevez prend le temps de développer les personnages et leurs relations. Martin Sheen est un père de famille plutôt sympathique et compréhensif, droit dans ses bottes et habitué à être obéi. Kathy Bates a le rôle le plus antipathique et insupportable, celui de la mère étouffante et gardienne des traditions. Le fils fait des cauchemars et a des hallucinations suite à son retour du combat. Mais personne, à part la petite soeur, n'aborde la question et les difficultés de réadaptation du fils restent tabou.
Le malaise plane doucement, parsemé de petits signes annonciateurs d'un drame qui ne peut pas manquer d'éclater dans cette paisible famille américaine modèle. Il ne se passe donc pas grand-chose pendant une bonne partie du film, à part les hallucinations spectaculaires du fils, hors de la vue de sa famille. Même si on ne s'ennuie pas, le film paraît un peu long. Mais heureusement, la dernière partie récompensera votre attente. La confrontation finale entre Emilio Estevez et son père est particulièrement intense, d'autant plus éprouvante qu'elle est précédée d'un long calme apparent rempli de non-dits.