Le genre de séance qui me donne envie de replonger tête la première dans le cinéma de genre italien. Quelle ambiance poisseuse, portée par une photographie brute qu’on sous-estime jusqu’à ce qu’elle dévoile son vrai programme : faire la part belle à des effets visuels qui convoquent tour à tour un gore maîtrisé qui fait sourire ainsi qu'un érotisme pas toujours très sage mais rarement vulgaire, parfois même franchement inspiré — le casting fait autant rougir qu’il invite à contempler les courbes.


Autant de rappels aux codes de ces bobines souvent moquées qui possèdent pourtant ce petit quelque chose capable, personnellement, de me faire un bien fou.


Les trois sœurs complètement hors-sol de l’intrigue sont à mon sens parfaitement exploitées. La première abat immédiatement ses cartes pendant que les autres déplacent tranquillement leurs pions dans l’ombre. Le final m’a tout particulièrement amusé parce qu’il ne laisse aucun doute sur le fait que Ruggero Deodato ne prend pas vraiment son film au sérieux — en tout cas pas comme un thriller classique.


On est clairement dans une bisserie assumée, mais une bisserie soignée. Le plus célèbre des cannibales soigne ses effets de style, la tenue de son récit, aussi prévisible soit-il, et toute sa galerie de personnages, des plus discrets comme la jeune aveugle jusqu’aux prétendus vertueux qui ne sont pas plus récupérables que les autres.


Et puis il y a ces quelques notes de synthé qui t’accueillent dès le lancement du film, avant de t’accompagner pendant quatre-vingt-dix minutes pour finalement te dire au revoir exactement de la même manière. Rien de fou, du déjà entendu mille fois, mais justement : je me suis immédiatement senti à la maison. Et en ce moment, c’est exactement ce dont j’ai besoin.

oso
7
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le 10 mai 2026

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oso

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