Charlie, professeur d'anglais reclus chez lui, remplit le vide laissé par la mort de son compagnon par de la nourriture, encore et encore.

Se sachant condamné, il veut tenter de se reconnecter avec la fille qu'il a abandonné il y a plusieurs années déjà.


Huis clos pluvieux où il n'y a pas de place pour l'éclaircie, Darren Aronofsky filme la solitude et le (dés)espoir à travers les yeux de Brendan Fraser, qu'il fait revenir sur le devant de la scène, un peu à la manière de ce qu'il avait déjà fait avec Mickey Rourke sur «The Wrestler» (une autre histoire de père et de fille).


Ne nous épargnant rien de l'obésité morbide dont souffre Charlie et de la dépendance et du mal-être qui en découlent, l'histoire flirte parfois dangereusement avec le misérabilisme appuyé, mais parvient néanmoins toujours à se cramponner à cette sincérité qui émane du film (adapté d'une pièce de théâtre) et en particulier de son protagoniste principal.


Entouré d'un casting solide (dont Hong Chau dans le rôle de son infirmière, et bien plus), Fraser tient ici l'un des rôles les plus marquants de sa carrière (les plus casse-gueules aussi). Tout juste auréolé d'un Oscar du Meilleur Acteur pour son incarnation de Charlie, il offre toute son humanité et son désarroi au personnage et à sa carrure disproportionnée (Oscar des Meilleurs Maquillages bien mérité au passage).


Cherchant à réparer les erreurs du passé et à faire la paix avec sa fille (et par extension avec lui-même) avant qu'il ne soit trop tard, Charlie est désarmant de vérité, voyant le meilleur en chacune des personnes qui viennent lui rendre visite, même si celles-ci ne s'en rendent pas compte, et les poussant à toujours être sincères dans ce qu'elles font, pour elles-mêmes et pour les autres.

Et toujours gravés en lui, ces mêmes mots issus d'une analyse sur «Moby Dick» qu'il conserve avec lui, qui le poursuivent et le réconfortent.


Une œuvre sur l'aide et le pardon qui a ses imperfections (notamment par l'usage un peu trop présent de l'aspect religieux, faisant le parallèle avec la propre vie de Charlie), mais un mélodrame intimiste qui m'a touché personnellement par certains des sujets qu'il aborde frontalement.


Un film qui ne peut laisser totalement indifférent, à l'image de son protagoniste, qui va tout faire pour tenter de sortir du ventre de cette baleine dans laquelle il est coincé depuis bien trop longtemps. 7,5/10.

Raphoucinevore
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le 13 mars 2023

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