A peine sorti de prison, Leo - par le fumet de l'argent facile alléché et sous la mauvaise influence de Willie, son meilleur ami, se trouve empêtré dans les manigances liées au système des marchés publics des transports new-yorkais.
A partir de ce choix, le destin de Leo et son entourage bascule et tous se retrouvent inextricablement liés dans une tragique descente aux enfers.
Une œuvre très sombre, qui aborde les thèmes de la rue et ses règles tacites à travers une histoire de rédemption teintée, d’honneur, de perdition, de cynisme dans laquelle la corruption au sein du groupe qui gère le réseau new-yorkais du métro s’entrecroise avec certaines dynamiques familiales élargies qui mèneront inévitablement au désastre.
Ce film s'inscrit dans ce qui n'est pas officiellement reconnu comme une "trilogie new-yorkaise" (initiée avec "Little Odessa" et conclue avec "La nuit nous appartient) que le réalisateur James Gray raconte à la façon d'une solennelle tragédie grecque.
C'est également le début de sa collaboration avec Joaquin Phoenix, qui livre ici la prestation la plus convaincante au sein d'un casting riche en talents (dont Mark Wahlberg, peu expressif, constitue le maillon faible).
A voir pour : la magistrale composition de Phoenix ; le second rôle intense de Charlize Theron ; aux gangsters mafieux italo-américains de Martin Scorsese, volontiers outranciers et vociférants, James Gray oppose des personnages hiératiques et compassés et délaisse fusillades et poursuites en voitures tonitruantes : si vous aimez les films qui cèdent au spectacle, sachez qu'ici tout se déroule dans une ambiance feutrée où la violence passe au second plan ; la thématique fidélité au groupe/trahison du groupe culmine dans une conclusion moralisatrice et précipitée qui pourra laisser certains spectateurs sur leur faim.