Polar aussi sombre que sa photographie - très réussie au demeurant - The Yards c'est le retour du perfectionniste James Gray, pas moins de 6 ans après son premier très bon Little Odessa...


Léo (Mark Wahlberg), 24 ans, sort de 16 mois de taule pour vols de voitures et souhaite rentrer dans le rang, dans les "yards" du droit chemin, et pire encore : devenir un élément productif de la société. Un bon américain quoi. Sic. Son oncle (James Caan) possède une entreprise de lignes de métro régnant sur le Queens New Yorkais et lui propose de l'embaucher après une formation de mécanicien. La formation risque d'être longue et Léo n'est finalement plus si chaud que ça. Surtout que son pote de toujours, Willie (Joaquin Phoenix), travaille dans le business de cette même boîte, à l'attribution des marchés, et vu le pognon qu'il affiche, il n'aura pas de mal à convaincre Léo de filer sous son aile après que son oncle finit par accepter qu'il apprenne auprès de lui. Sauf que, bien évidemment, on ne fait pas de business avec des bons sentiments...


Après une première négociation agitée, suivie d'un échange saugrenu en mode strip-tease, le sabotage de lignes de métro concurrentes révèlera la véritable nature des méthodes mafieuses de Willie et de sa bande. Et donc de la boîte de son oncle. Et comme de par hasard, cette première expérience tournera très mal... Il y a des victimes et comme l'une d'entre elles (un flic incorruptible) risque de se rappeler de sa petite gueule après sa sortie du coma, on demande à Léo de le buter. Sinon c'est lui qu'on butera... La spirale infernale.


La séquence à l'hosto, pleine de tension, s'avèrera particulièrement prenante. A l'image, plus tard, du règlement de compte dans l'appartement de ses parents. Entre temps, son oncle tentera d'acheter le flic, mais en vain. Ce que l'un de ses collègues mafieux n'aura aucun mal à faire à la fin avec un autre bien plus haut gradé... James Gray n'hésite donc pas à nous décrire une société New Yorkaise corrompue à tous les niveaux du pouvoir...


Pas mal de pots-de-vin et de tension donc... D'efficaces coups de théâtre également ; mais la véritable force de The Yards réside, selon moi, dans l'intensité de rapports shakespeariens au sein de cette famille. Et pour ça, la distribution de qualité aide bien. D'ailleurs, je n'ai même pas eu le temps de parler de Charlize Theron, en brune limite emo, petite amie de Willie et cousine de Léo - que l'on sentirait presque amoureux d'elle -, tandis que sa destinée fera partie des moments forts du film, laissant alors place à un épilogue familial plutôt poignant.


Un très bon polar, très classieux, même s'il manque quand même un petit quelque chose pour en faire une référence. Des dialogues plus percutants peut-être ?

RimbaudWarrior
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le 22 févr. 2016

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RimbaudWarrior

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