Au rayon des bêbêtes mangeuses d'hommes, on a déjà eu droit aux araignées, aux fourmis et aux abeilles, mais personne n'avait encore mis en scène ces parasites hématophages. Et ce n'est peut-être pas pour rien que Tony Randel est, à ce jour, le seul réalisateur à s'y être attelé. Non pas que les bestioles manquent d'intérêt pour un film d'horreur, bien au contraire, mais le parti pris du réalisateur peine à les distinguer d'une quelconque autre créature lambda. Il y a bien l'idée d'infecter et de pondre dans leurs victimes, mais là encore, rien de bien neuf. Et ce constat s'applique à l’ensemble de l’œuvre : tout y est caricatural, à en mourir d'ennui.
Dès le scénario, les clichés s'amoncellent rapidement : la bande d'ados caricaturaux en perte de repères au milieu des bois, un antagoniste plus insupportable et cabotins que tous les jeunes réunis, la vue subjective à hauteur de tiques lors des attaques, les effets gélatineux et gores exagérés et un final plagiaire de L'Horrible Invasion. Il y a bien ça et là quelques éléments à sauver, mais l'overdose survient bien avant que la cohésion de groupe ne se mette en place pour sauver les personnages.
J'aurais pourtant dû me méfier de la présence de Brian Yuzna au générique en tant que producteur : malgré quelques perles, l'homme a surtout passé son temps à les enfiler. Quant à la présence d'Alfonso Ribeiro (The Fresh Prince of Bel-Air) et de Clint Howard (Evilspeak), elle n'aide guère à crédibiliser cette histoire d'insectes génétiquement modifié. Au final, nous ne sommes pas loin d'un Critters sans l'humour et proche de Terreur Extra-Terrestre, avec quelques dollars supplémentaires.
C'était tout de même mieux avec Stuart Gordon