Together s’ouvre sur Millie et Tim, un couple qui choisit l’isolement pour raviver la flamme… mais dont la relation chancelle déjà. Un événement étrange les pousse à se rapprocher, au sens le plus littéral : leurs corps s’attirent, jusqu’à menacer de se fondre l’un dans l’autre.
Michael Shanks utilise le body horror comme métaphore frontale de la dépendance affective. La perte d’identité, l’effacement dans l’autre, la tension entre autonomie et abandon se traduisent par une fusion physique grotesque et dérangeante. L’idée est forte, mais le récit peine à rester cohérent. Le rythme, trop lent au départ, met du temps à installer l’émotion. Quelques touches d’humour mal placées brisent la tension, et un traumatisme évoqué chez un personnage reste sans suite, donnant l’impression d’un fil narratif abandonné.
Les protagonistes manquent aussi d’aimantation : on les observe sans vraiment s’y attacher. L’issue, censée être une résolution romantique et mystique, se devine tôt dans le film et manque de surprise. Shanks revendique une « romantic and loving resolution » : un geste d’acceptation radicale, où l’amour justifie la perte de soi. Mais cette intention reste brouillée par une mise en scène prévisible et une fin qui laisse plus de questions que de certitudes.
En revanche, les scènes de body horror sont un sommet : glaçantes, inventives, techniquement impeccables. La texture organique, la lenteur de la transformation et l’ambivalence entre tendresse et dégoût frappent durablement. C’est là que Together trouve sa puissance : dans ces images qui parlent plus fort que les dialogues.
Au final, Together est un film inégal : ambitieux dans ses thèmes, marquant dans ses visions d’horreur, mais affaibli par un rythme mal géré et des choix narratifs hésitants. Il laisse pourtant une empreinte étrange. Celle d’un conte amoureux tordu où l’horreur et la tendresse se confondent, et où aimer revient peut-être à se dissoudre dans l’autre.