Avocate et mère de deux enfants, Claire subit un déni de grossesse et accouche brutalement un soir où son mari est en déplacement. En état de sidération, elle commettra une grave erreur, et sera poursuivie pour tentative de meurtre sur enfant...
Il est salutaire de voir un film sur le déni de grossesse, sujet délicat, médiatisé depuis quelques années, et paraissant surréaliste. Mais plusieurs choses ne m'ont pas vraiment convaincu dans "Toi non plus tu n'a rien vu".
Déjà, le point de départ, avec cet accouchement express un peu capillotracté (certes, on parle de déni, mais tout de même !). La réalisatrice et scénariste a bricolé une situation ubuesque pour renforcer les doutes des magistrats et clouer notre héroïne au piloris... mettant également à mal la suspension d'incrédulité.
Le récit amène aussi des sous-intrigues et des éléments qui finalement seront peu, voire pas utilisés. Tandis que la mise en scène demeure assez simple.
Néanmoins, l'ensemble reste intéressant à voir. C'est bien joué, et le film exploite la posture hautaine et moralisatrice que peuvent facilement prendre les magistrats. Il est assez cocasse de voir un juge d'instruction homme donner des leçons sur les sensations d'accouchement, ou une procureure qui s'avère très peu neutre !
En résulte un drame très perfectible mais pas déshonorable.