Tokyo! serait ce qu'on appelle une expérience cinématographique. Sous 3 courts-métrages, le film regroupe un portrait de la ville de Tokyo en trois parallèles. Les univers de Michel Gondry, Leos Carax et Bong Joon-Ho, aussi différents soient-ils, peuvent ainsi prétendre nous présenter les points de vue et les revendications de leurs auteurs.
Le plus revendicateur des courts, et le plus critique sans doute, est (évidemment) celui de Leos Carax. Sous la caricature, le réalisateur dresse le portrait d'une ville conventionnée, ravagée par un monstre des égouts qui se nourrit exclusivement de fleurs et de billets de banque.
Dans un autre ton, Bong Joon-Ho, à la réalisation et à la photographie impeccables, décrit l'existence d'un hikikomori, un homme enfermé depuis plus d'une dizaine d'années et qui évite tout contact avec l'extérieur. Dans le décor d'un appartement qui rappellerait presque le pop-art (les rangées de produits de consommation alignées, excusez la référence très banale), il retrouvera finalement le goût du contact humain en tombant amoureux d'une jeune livreuse de pizza.
Je ne détaillerai pas trop le segment de Gondry. Très décalé, je n'ai réussi à y trouver mon interprétation qu'au bout du troisième visionnage. Et encore je ne suis pas sûre que j'y sois. Je dirais simplement que ça parle d'une chaise, d'une jeune femme, et de la difficulté de s'adapter à un nouveau style de vie.
La chose intéressante avec Tokyo! c'est que contrairement aux oeuvres comme Paris, je t'aime ou New York, I love you ; indubitablement dans le même style, les courts-métrages s'emboitent parfaitement. Les visions différentes ne s'entrecoupent pas d'une façon chaotique comme dans les deux derniers cités. Ils s'emboitent harmonieusement pour offrir un spectacle complet.