Actuellement, la comédie sociale connaît en France un véritable âge d’or. Elle observe notre époque avec tendresse, en éclaire les failles sans jamais renoncer à la lumière, et offre souvent de très belles réussites. Tombés du camion s’inscrit pleinement dans cette veine.
On y suit un pêcheur illettré, acculé par les dettes, entraîné malgré lui dans une magouille hasardeuse pour récupérer son bateau — dernier vestige de sa dignité. Sur sa route surgit un jeune migrant, déterminé à traverser la mer pour rejoindre ses parents en Grande-Bretagne. De cette rencontre improbable naît un récit d’entraide et d’humanité, où deux solitudes apprennent à se reconnaître.
Le film, chaleureux et délicatement mis en scène, doit beaucoup à l’alchimie de ses interprètes. Valérie Bonneton y déploie cette puissance comique rare qui la distingue dans le paysage du cinéma français, tandis que Patrick Timsit impose une présence bouleversante, toute en nuances et en sensibilité à fleur de peau.
C’est à eux que le film doit sa vibration la plus juste. Si l’on s’y attache, si l’on sourit autant qu’on s’émeut, c’est grâce à la justesse de son récit et à la grâce de ces deux merveilleux acteurs.