Condensé en 120 petites minutes, ce film dévoile avec pudeur et candeur, une enfant qui se questionne sur sa sexualité, et qui n'offre pas de réponses mais bien des nouvelles perspectives qui me resteront encore longtemps. Beaucoup de silences qui laissent résonner encore plus les déclarations :Je suis Michael". Et le souhait devient réalité, désarmant de simplicité au début et qui déploie toute sa complexité au fur et à mesure des actions, des interractions. Laure en se présentant comme Michael démontre combien l'identité est un concept fragile, qui se construit en soi certes mais aussi par le regard des autres.
spoiler
Et lorsque finalement la vérité éclate, il y a une violence subtile et silencieuse, sans cris mais avec une claque, celle du choc, et une humiliation dans ce bisou "dégeulasse". Et quand bien même la mère de Laure l'oblige a abandonner Michael, en la forçant a porter une robe, ce bout se tissu si fort de connotation, elle le fait en précisant que pour le moment c'est la seule possibilité, que même si ses parents l'aiment telle qu'elle est, elle ne peut pas ainsi se nier en étant Michael. Je n'ai par contre pas eu l'impression qu'elle revoquait à tout jamais son droit à se déterminer sexuellement. Je garderai donc le sentiment de liberté donné par les parents dans leur éducation. Et la boucle qui se ferme quand cette fois ci, elle répond avec la même atitude et sans robe "je m'appelle Laure".