Donnons raison, une fois, à ceux qui se moquent des cinéphiles et de leur amour des films obscurs d’Europe centrale des années 30, en noir et blanc, avec des titres imprononçables, vus par trois pelés et un tondu.Tonka Šibenice (1930) de Karel Anton.Prague.
Une prostituée accepte, pour survivre, de passer une nuit avec un condamné à mort. Au matin, elle est vivante mais exclue de tout.Film d’une poésie sombre, sans pathos, où la société juge plus vite qu’elle ne regarde.Tout est dans la mise en scène : rues vides, cadres fixes, visages écrasés par l’architecture. Peu de mots, beaucoup de silences. Le cinéma regarde Tonka comme personne ne le fait dans le film : sans mépris. Une poésie de la retenue.