Tony
-
Tony

Film de Matt Johnson (2026)

C’est déjà le second film de Matt Johnson à sortir cette année. Et ce sont ces deux premiers films, signe que le bonhomme a contracté le virus de la réalisation. Le premier – inédit en France – était ce drôle de faux documentaire musical mâtiné de science-fiction intitulé « Nirvanna, the Band, the Show, the Movie ». Un Objet Filmique Non Identifié - ou OFNI pour les intimes - où il se mettait en scène dans son propre rôle avec son pote Jay McCaroll pour un délire en totale roue libre entre voyage dans le temps, film musical sur le rock, comédie absurde et documentaire. À peine six mois après, le voilà déjà de retour avec une œuvre bien plus consensuelle et classique. Avec « Tony », il entend raconter l’histoire du chef Anthony Bourdain, personne très célèbre dans le monde culinaire pour ses talents de chefs mais aussi grâce à son livre sur les coulisses de la cuisine ou ses émissions dédiées. Mais plutôt que de réaliser un biopic classique sur la vie complète de cet homme, Johnson prend un chemin de traverse étonnant et original : il va juste nous révéler la période charnière dans sa vie, celle qui va fixer sa boussole pour la suite de celle-ci. En effet, « Tony » prend les contours d’un coming-age movie où l’on va passer un été avec le jeune Anthony à Provincetown entre hésitations sur son avenir, fantasme amoureux, fugue de chez les parents et, surtout, son atterrissage par hasard dans les cuisines d’un petit restaurant tenu par un chef peu commun.


En faisant ce choix inattendu, le film de Johnson entend saisir la sève du jeune Tony avant qu’il devienne Anthony Bourdain. Comprendre les raisons qui ont motivé sa carrière dans la cuisine alors qu’il se rêvait écrivain. Ce qui aurait tenu en cinq à dix minutes dans un biopic classique fait ici la durée d’un long-métrage. Et, honnêtement, le résultat se tient. Même si le récit ne prenait pas la jeunesse de cet homme en particulier comme matériau mais d’une personne inventée, « Tony » aurait été un petit film agréable quand même. On nage donc dans la chronique d’un été pour un jeune homme entre ses mensonges à ses parents, un flirt estival déterminant, de mauvaises fréquentations et, bien sûr, l’apprentissage de la vie grâce à un premier boulot. Le job de plongeur, puis d’aide en cuisine dans un petit dinner de fruits de mer au bord de la plage. Le cadre de Cape Cod et de la jolie ville de Provincetown au milieu des années 70 nous fait délicieusement voyager et le grain de la pellicule met tout cela en valeur. Les séquences en cuisine sont les meilleures comme souvent dans ce type de films et le duo formé par Dominic Sessa (dans un rôle peu aimable, tant le jeune Anthony est un petit con) et Antonio Banderas (qu’on n’avait pas vu dans un bon film depuis des lustres) est concluant. En somme, « Tony » n’a rien d’extraordinaire – malheureusement – mais c’est un petit film plaisant, bien écrit et qui oscille entre légèreté et tendresse avec assez de dynamisme pour convaincre.


Plus de critiques cinéma sur ma page Facebook Ciné Ma Passion.


JorikVesperhaven
6

Créée

le 20 août 2026

Critique lue 25 fois

Rémy Fiers

Écrit par

Critique lue 25 fois

Du même critique

TÁR

TÁR

4

JorikVesperhaven

le 27 oct. 2022

Suivre

Tartare d'auteur.

Si ce n’est une Cate Blanchett au-delà de toute critique et encore une fois impressionnante et monstrueuse de talent - en somme parfaite - c’est peu dire que ce film très attendu et prétendant à de...

Les Animaux fantastiques - Les Crimes de Grindelwald

Les Animaux fantastiques - Les Crimes de Grindelwald

5

JorikVesperhaven

le 15 nov. 2018

Suivre

Formellement irréprochable, une suite confuse qui nous perd à force de sous-intrigues inachevées.

Le premier épisode était une franchement bonne surprise qui étendait l’univers du sorcier à lunettes avec intelligence et de manière plutôt jubilatoire. Une espèce de grand huit plein de nouveautés,...

First Man - Le Premier Homme sur la Lune

First Man - Le Premier Homme sur la Lune

4

JorikVesperhaven

le 18 oct. 2018

Suivre

Chazelle se loupe avec cette évocation froide et ennuyeuse d'où ne surnage aucune émotion.

On se sent toujours un peu bête lorsqu’on fait partie des seuls à ne pas avoir aimé un film jugé à la quasi unanimité excellent voire proche du chef-d’œuvre, et cela par les critiques comme par une...