Longtemps j'ai cru que ce film était simplement un clip géant pour la Navy. Dans les bonus d'une édition vidéo les créateurs du films expliquent que ce n'est ni un film pro-militaire, pro-armée. Certes, mais cela reste un film profondément patriote dans son esprit (valeurs) et sa forme (drapeau américain dans les décors). Même si le succès du film a permis un recrutement accru pour la célèbre école d'aviation, il ne rend pas compte de toutes la réalité du milieu due à certaines approximations comme en témoignent les conseillers techniques du film.
Passé cette constatation tardive de ma part je vais maintenant faire un résumé succin de la production du film.
L'idée du scénario part d'un article intitulé Top Guns d'Ehud Yonay, paru en mai 1983 dans le magazine California. Les scénaristes ayant ensuite présenté leur travail aux légendaires producteurs Don Simpson et Jerry Bruckeimer (à l'époque en quête d'un nouveau succès) toute la bande obtient le soutient de l'armée (sachant que le film la représente sous un beau jour) qu'il leur fournit aides humaines et matérielles nécessaires à la production du film. C'est un atout non négligeable pour un tel long-métrage, là où les films de l'époque tournerait les scènes aériennes avec des effets spéciaux encore balbutiant (fond bleus comme dans La Guerre des étoiles). Pour la réalisation les producteurs choisissent Tony Scott (frère de Ridley) n'ayant sorti que Les Prédateurs (1983) au succès modeste. Il a déjà mis en images des avions dans une publicité pour la SAAB société constructrice en aéronautique suédoise. Son talent visuel ressort indéniablement du film grâce aux séquences d'actions pensées en story-board et l'éclairage rigoureux (Scott est allé jusqu'à payer un extra pour faire manœuvrer le porte-avion et ainsi avoir l'éclairage et le plan qu'il souhait). Toute l'équipe de comédien suivra un entrainement par souci de préparation et de sécurité. La production tournera les scènes sur terre, en mer (porte-avion), dans les airs et en studios (scènes en cockpit, scènes des destructions d'avions en maquettes). Elle trouvera des compromis avec les conseillers techniques de Top Gun pour donner un aspect aussi crédible que possible à l'histoire (ex : l'accident de Goose qui devait être une collision a été changé en l'accident plus probable qu'on connait aujourd'hui). Les séquences mis bout à bout lors du montage donne à l'ensemble une cohérence couplée d'un dynamisme. C'est tellement bien fait qu'on ne distingue pas les effets spéciaux.
Pour la musique l'équipe du film fait appel à Harold Faltermeyer (ayant déjà travaillé sur le dernier succès des producteurs avec Le Flic de Beverly Hills en 1984) qui compose le Top Gun Anthem avant le début du tournage qui donne directement le ton de la bande originale. Cette dernières comprend des compositions aux sonorités rock'n'roll avec l'utilisation de guitares électriques ponctuant les scènes d'actions. Girorgio Moroder auréolé de son travail sur Flashdance (1984) se charge d'écrire les chansons devenus instantanément des hits : Danger Zone (Kenny Logins chantant comme Tina Turner dans ses rock-souls), Take My Breath Away (Berlin, dont le succès entrainera la séparation du groupe), etc.
Le rôle de Maverick était pensé dès l'écriture pour Tom Cruise. Ce dernier alors en tournage sur Legend (1985) de Ridley Scott et passionné d'aviation accepté sans hésitation sous réserve de faire des vols. Sa carrière s'est retrouvé propulsé avec le succès du film, ce qui est mérité à la vue de son implication totale dans le film (jusqu'à son écriture). Kelly McGillis ressortant du tournage de Witness est très bonne dans son rôle de Charlie. Le reste de la distribution est aussi charismatique : Val Kilmer (Iceman), Anthony Edwards (Goose) et Tim Robbins (Merlin). Elle comprend aussi de bons seconds couteaux tels que Tom Skerrit (Viper) et Micheal Ironside (Jester).
Top Gun demeure un divertissement d'une qualité élevé grâce à sa production rigoureuse. Sa campagne marketing efficace la recette à suivre pour les productions hollywoodienne sorti les années suivante. Même 40 ans après ce film reste toujours aussi efficace.
Pour ceux qui sont intéressés pour connaître les secrets de la production de ce film je vous renvois à Danger Zone: The Making of Top Gun (2004).