Je ne vais pas répéter une fois de plus ce que sont les ZAZ et ce que j’en pense, il vous suffit de fouiller mes autres critiques pour le savoir, parlons plutôt de cette improbable parodie de tout et de rien que j’avais jusqu’ici scandaleusement esquivé malgré toute ma bonne volonté…
Alors, c’est l’histoire, si j’ose dire, d’un chanteur de rock ricain qui vient à une conférence culturelle en Allemagne de l’Est et se retrouve mêlé à de sombres histoires de résistance dans un pays qui ressemble beaucoup plus à la Bordurie et à trente kilos de BD belge qu’à quoi que ce soit de connu…
Val Kilmer joue et chante avec une décontraction assez fascinante pour un premier rôle débutant, il emballe surtout avec fougue toutes les parties musicales dansées particulièrement hilarante et ferait presque regretter qu’après un début de carrière enflammée il se soit retrouvé dans l’enfer des direct-to-DVD, ce que son visage déformé par les pires abus et tentatives médicales ne saurait complètement expliquer…
Comme toujours, il y a du très bon, de l’épouvantable et du pire dans ce film, avec une préférence nette pour les deux dernières possibilités que l’absence de cohérence d’ensemble rend particulièrement déplaisantes… laborieuses plaisanteries grivoises déplacées, pathétiques gags qui tombent à plat deux fois sur trois, un Omar Sharif en peine d’humiliation, et puis qu'est-ce que c'est ennuyeux finalement, les parodies mal tenues, le n'importe quoi sans souffle… comment donc expliquer ma bonhommie inhabituelle après un tel massacre ?
Et bien c’est que, outre les réjouissantes saillies musicales mentionnées auparavant, il y a de vraies petites merveilles cachées un peu partout, la séquence inversée du libraire, la bagarre de saloon sous-marine et deux ou trois blagues honteuses et lamentables qui remplissent parfaitement leur office…
Et la magie de ce genre de choses, c’est qu’en éteignant le machin, on a déjà oublié toutes les horreurs et seuls surnagent les quelques moments de bonheur dont la rareté fait tout le prix et dont la réussite se retrouve grandit par le caractère exceptionnel de la chose…