Tora-San
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Tora-San

Film de Yôji Yamada (1997)

Tora san 25 était le seul film de la saga que j’avais vu avant d’entreprendre récemment le visionnage de l’ensemble, à partir du premier opus. C’était il y a treize ans, j’avais choisi cet épisode un peu hasard, sans doute attiré par la perspective d’être plongé dans Okinawa – que j’avais une fois visitée. J’avais apprécié bien sûr la découverte mais pas autant que si j’avais été familier de la personnalité de Tora, des rouages de la famille Kuruma et surtout de ce que représente le personnage de Lily dont c’est ici la troisième apparition (il en restera une ultime lors du 48e opus). Après m’être enquillé en quelques mois les vingt-quatre premiers films, il était évident que revoir cet épisode aurait une tout autre saveur, et ça n’a pas raté.

Situé à mi-chemin de la fin de la saga, on pourra voir le film comme son sommet, ou du moins comme l’un de ses pics. J’imagine les spectateurs japonais de l’époque qui, avec ce beau chiffre de vingt-cinq et le retour de la madone la plus irrésistible (bien devant toutes les autres), ont dû se dire que cette fois-ci, c’était la bonne pour Tora, il allait enfin pouvoir prendre femme. Mais c’était sans compter avec la machine bankable du phénomène Tora-san qui allait encore perdurer sur vingt-cinq épisodes. De nouveau, Yamada dégaine la demande en mariage aussitôt suivie d’un « mais non, c’est pour rire ! » Le gimmick m’a un peu agacé, mais d’un autre côté, Yamada offre une belle surprise au spectateur, avec une autre retrouvaille à un arrêt de bus, entre Tora et Lily (je n’ai pas l’impression que, dans les autres épisodes, une madone soit présente lors de la scène finale). Et l’on se dit alors que leur amitié, leur complicité, sont d’une telle pureté que les plonger dans un quotidien conjugal risquerait de les ternir.

En tout cas, oui, Okinawa mon amour est l’un des tout meilleurs épisodes, et l’on serait bien en peine d’y trouver le moindre défaut. Quant au choix d’Okinawa pour bercer l’idylle entre Tora et Lily, l’île est le cadre parfait. Écrasée de lumière, faisant rejaillir les couleurs, aussi bien celles des pétales d’hibiscus que celles du maquillage et des robes de Lily, le séjour a tout d’un rêve, rêve qui à la fin suscitera une inattendue réflexion du grand prêtre sur Shakespeare.


https://bullesdejapon.fr/2012/04/29/tora-san-25/

Créée

le 28 sept. 2025

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