On assiste à un banal divertissement sans grande saveur et que l’on oubliera sans le moindre regret.

Soyons franc, il est difficilement acceptable (pour toute une génération d’entre-nous ayant grandi avec l’adaptation de Paul Verhoeven en 1990), de voir l’industrie Hollywoodienne mettre à nouveau en chantier une adaptation du roman "We can remember it for you wholesale" de Philip K. Dick. La précédente ayant été d’une réussite incontestable, portée par un Arnold Schwarzenegger en grande forme et le tout, sublimé par des décors et des SFX mémorables. Si le film était une libre adaptation, à quoi devons-nous nous attendre de ce reboot qui en fin de compte, ressemble plus à un remake (bien que cette version soit plus fidèle étant donné que le héros ne se rend plus sur Mars). En lieu et place d’Arnold Schwarzenegger, Sharon Stone & Michael Ironside, on retrouve Colin Farrell & Kate Beckinsale (l’épouse du réalisateur a bénéficié d’un rôle bien plus important que celui offert à Stone dans la version 90, nécessitant ainsi la suppression pure et simple du personnage interprété par Ironside), une distribution assurément moins glamour (Farrell peine a crédibiliser son personnage et Beckinsale, à part sa plastique, elle n’a réellement rien d’une grande actrice). Au final, Len Wiseman réalise tout ce que l’on attendait de la part d’un réalisateur tel que lui (à qui l’on doit Underworld 1 & 2 - 2003/2006 & Die hard 4 : Retour en enfer - 2007), à savoir un blockbuster survitaminé, où l’action est surreprésentée et dont si certaines scènes de fights s’avèrent réussites (mention spéciale à la première scène d’action ayant lieu chez Rekall, où le réalisateur a utilisé le système "Doggicam", restituant ainsi de magnifiques plans) mais dans l’ensemble il ne cherche rien d’autre qu’à nous en mettre plein la vue et ce, sans la moindre once de psychologie ou de réflexion. Pompant allègrement le film d’origine et diverses références cinématographiques (notamment Blade Runner - 1982, Le Cinquième élément - 1997 & Minority Report - 2002), le réalisateur se contente de mettre en scène une œuvre d’anticipation bourrine, privilégiant le green-screen (ce qui a le don d’être agaçant étant donné le peu de soin apporté à l’esthétisme urbain). Trop de fond-vert garantissant une overdose prévisible, on finit rapidement par saturer. Il en sera de même avec la non-violence du film, passant d’un "R" en 1990 à un "PG-13" pour cette nouvelle version, terminé les séquences sanguinolentes à la Verhoeven, Wiseman se contentant de mettre en scène un thriller futuriste édulcoré et donc à destination des ados. En fin de compte, on assiste à un banal divertissement sans grande saveur et que l’on oubliera sans le moindre regret.

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RENGER
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le 23 août 2012

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