Le vide absolu
Il ne suffit pas de vider des jerricans de faux sang pour devenir le nouveau Peter Jackson. Totem, premier long-métrage du Belge Fred De Loof, est la preuve par l'image qu'un hommage mal compris peut virer au supplice pour le spectateur.
Un naufrage de vulgarité Le film ne se contente pas d'être mal écrit, il sombre dans une surenchère de mauvais goût qui dépasse le cadre du cinéma de genre. Entre le faux sang et une scatologie omniprésente (excréments, vomi), le réalisateur semble penser que l'obscénité peut remplacer l'humour. Au lieu d'être transgressif, le résultat est simplement pathétique et gênant, provoquant un profond malaise plutôt que le rire ou l'effroi.
L'énergie ne remplace pas le talent Si certains veulent y voir une "énergie punk", on y voit surtout une hystérie visuelle épuisante. C'est mal filmé, particulièrement mal interprété, et le réalisateur semble avoir confondu dynamisme et agitation stérile. Rien ne vient sauver ce projet : ni l'aspect "artisanal" qui n'est ici qu'une excuse pour un amateurisme total, ni les références à Bad Taste qui sont ici totalement dévoyées.
Verdict C'est un film qui se complait dans son propre délire scatologique sans jamais se soucier de celui qui regarde. Vouloir faire du "cinéma de genre" est une ambition louable, mais cela demande un minimum de rigueur et de respect pour le récit. Un pur moment de "foutage de gueule" cinématographique dont on sort avec l'envie de prendre une douche.
À voir si : Jamais. Même par curiosité malsaine, le jeu n'en vaut pas la chandelle.
À éviter si : Vous avez le moindre respect pour votre temps et pour le cinéma de genre.