Suivant le fétichisme récurrent de Luis Bunuel, le bourgeois Francisco Galvan de Montemayor s'est passionnément épris de Gloria en apercevant ses pieds dans une église...Il arrache la jeune femme prude à son fiancé et l'épouse. la jeune mariée découvre alors la vraie nature de Francisco.
La période mexicaine de Bunuel, pour ce que j'en connais ("Los Olvidados" explore un autre sujet), offre des études psychanalytiques ou psychiatriques remarquables et d'autant plus singulières qu'elles ont pour cadre une société mexicaine, celle des années 50, pour le moins méconnue.
Bunuel décrit ici le comportement d'un homme maladivement jaloux, corollaire probable d'un état paranoïaque ou délire de persécution...et d'un tempérament latin, machiste, que l'auteur dit avoir évoqué en s'inspirant de ses propres turpitudes. A son épouse incrédule, Francisco fait vivre l'enfer de la suspicion. Si certaines attitudes du mari semblent évidentes, elles n'entament pas la cohérence du portrait ni son intérêt.
Mais, au-delà de la réflexion qui s'impose concernant la personnalité de Francisco, on est séduit par la réalisation de Bunuel, mélange de simplicité et d'une étrangeté produite par certains décors et situations installant un sentiment d'irréalité. Sans doute le surréalisme, que l'auteur avait introduit naguère au cinéma, n'est-il pas très éloigné du domaine de la psychanalyse: les expressions instinctives du surréalisme et les pathologies relevant de la psychiatrie proviennent du subconscient.