Il est où l'Honneur, il est où? (désolé pour cette citation indigne)

Même inconsciemment, l'ombre de Kevin Spacey planait constamment durant les 130 minutes que j'ai passé devant « Tout l'argent du monde », ce qui n'est pas franchement à son avantage. Non pas que son remplaçant au pied levé, Christopher Plummer, ne soit pas excellent, au contraire. Mais je n'ai pu m'empêcher de voir ce film autrement que dans une logique stalinienne où l'on effaçait des photos des « ennemis du régime » vis-à-vis d'un acteur emporté par l'affaire Weinstein sans même avoir été jugé. Si bien qu'à chaque apparition de J. Paul Getty, je me demandais : « qu'est-ce que cela aurait donné avec Spacey, qu'est-ce que cela aurait donné avec Spacey ? ».


Et sincèrement, je n'en sais rien. Pas un chef-d'œuvre, sans aucun doute. Mais si je me suis autant posé la question, c'est peut-être parce que le film n'est pas franchement réussi. Si le fait divers est en lui-même fascinant et extrêmement dérangeant, permettant quelques scènes pour le moins troublantes (principalement du côté du milliardaire mais aussi chez les ravisseurs), Ridley Scott a beaucoup de mal à donner un véritable style à son scénario, s'éloignant parfois de la vérité historique pour un résultat bien peu concluant (je pense principalement à la poursuite finale dans les rues italiennes, pas loin de me faire sourire).


Cela a beau être plutôt bien fait, c'est un peu long, ce qui peut parfois se justifier quant à « l'attente », mais on frôle l'overdose sur la durée. Bref, comme souvent chez Scott ces dernières années, c'est techniquement irréprochable, sans être son plus beau travail non plus. Mais alors que tous les éléments semblaient réunis pour une grande réussite, le cinéaste ne tire pas le meilleur du projet, la faute également à des personnages trop fades ou souvent pas assez complexes pour nous stimuler réellement, les prestations correctes mais sans éclats de Michelle Williams et Mark Wahlberg venant confirmer cette impression. J'aurais en définitive presque plus à vous dire sur mon ressenti concernant l' « effacement » de Kevin Spacey que sur le film : pas forcément bon signe...

Caine78
5
Écrit par

Cet utilisateur l'a également ajouté à ses listes Les meilleurs films de Ridley Scott et Les meilleurs films de 2017

Créée

le 23 juin 2018

Critique lue 138 fois

Caine78

Écrit par

Critique lue 138 fois

1

D'autres avis sur Tout l'argent du monde

Tout l'argent du monde

Tout l'argent du monde

5

JorikVesperhaven

2351 critiques

Scott passe à côté de son sujet dans une reconstitution trop tiède et sage qui néglige l'essentiel.

Ridley Scott tourne énormément. A une cadence infernale même depuis quelques années, une cadence digne d’un Woody Allen sauf que ses films demandent bien plus de travail par leur ampleur (lieux de...

le 27 déc. 2017

Tout l'argent du monde

Tout l'argent du monde

5

Foulcher

276 critiques

Trop creux et caricatural

Je suis allé voir ce film un peu par hasard étant donné qu'il me restait deux places de cinéma du CE à écluser et qu'il n'y avait que ça à voir : j'ai donc découvert le sujet du film au fil du...

le 28 déc. 2017

Du même critique

Nous finirons ensemble

Nous finirons ensemble

3

Caine78

8722 critiques

Possible de finir avec quelqu'un d'autre?

Je garde un assez bon souvenir des « Petits mouchoirs », que je n'ai pas revu depuis sa sortie (ce que je ferais prochainement). J'avais ainsi bon espoir que Guillaume Canet soit capable de...

le 11 mai 2019

Mourir peut attendre

Mourir peut attendre

4

Caine78

8722 critiques

Attente meurtri(ère)

Cinq ans d'attente, avant que la crise sanitaire prolonge d'une nouvelle année et demie la sortie de ce 25ème opus, accentuant une attente déjà immense due, bien sûr, à la dernière de Daniel Craig...

le 7 nov. 2021

L'Origine du monde

L'Origine du monde

3

Caine78

8722 critiques

L'Origine du malaise

Je le sentais bien, pourtant. Même si je n'avais pas aimé « Momo », adapté du même Sébastien Thiéry, cela avait l'air à la fois provocateur et percutant, graveleux et incisif, original et décalé,...

le 25 sept. 2021