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le 20 sept. 2020
SuivreSurprenamment bon
Franchement j'avais une mauvaise image du film avant d'aller le voir, notamment parce que l'affiche est juste horrible (le gars avec ses dents, c'est juste pas possible), mais il ne faut pas vendre...
Dans "Tout simplement Noir", Jean-Pascal Zadi endosse les traits d'un militant débutant qui veut organiser une marche pour le droit des noirs.
Dans sa quête, il cherche à se faire aider par ses frères de couleur. Rapidement, il se retrouve à faire équipe avec Fary l'humoriste (qui joue son propre rôle). Tous deux rencontrent des personnes influentes qui pourraient les aider à donner du corps à cette marche.
Bien qu'animé de bonne volonté, Jean-Pascal commet toutes les erreurs du néophyte trop extrémiste et enchaîne les clichés : pas de blancs autorisés, pas d'indiens (qui n'ont pas les cheveux crépus), pas de femmes. Bref, c'est le fiasco et Fary est bien ennuyé car affublé de ce Gaston Lagaffe noir, sa réputation risque d'en prendre un sacré coup...
Derrière ce ton comique et désinvolte, le message est très clair et rappelle des principes basiques : Non, il n' y a pas d'identité noir unie solidairement et pourvue d'intérêts communs. Oui, au-delà de la couleur de leur peau, les personnes sont avant tout des entités singulières définies par de multiples critères, toutes porteuses d'un passé unique et empruntant des trajectoires individuelles bien souvent antagonistes.
En gros le message qui ressort c'est : "Heureusement que nous ne sommes pas définis que par notre couleur". Cela reviendrait sous couvert de liberté à s'auto-étiqueter : je suis noir, tu es blanc, il est jaune...
Si cette solidarité intracommunautaire existait, il n'y aurait pas de guerres tribales (pas de bob Marley, pas de messages de paix et d'amour à la "Africa unite", ce qui serait une grosse perte pour tous).
Par la présente de Fabrice Éboué, le film se fait l'écho de "Coexister" et de "Ils sont partout" d'Yvan Attal. En ces temps d'exacerbation des égos qui veulent tous occuper l'espace à l'exclusion des autres, ce genre de film fout un coup de pied dans la mare et rappelle la priorité des années à venir :
Ce n'est pas en juxtaposant des communauté aux intérêts divergents (moi j'existe plus que toi enkchulé) qu'on peut envisager un projet de société convenable et solidaire commun comme sauver la planète par exemple.
Rappelons-nous que tout les mots en "isme" sont porteurs d'exclusion à l'exception de l'humanisme.
Créée
le 25 août 2020
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le 20 sept. 2020
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