Train Dreams est un joli livre d’images animé au rythme lent, une œuvre soignée portée par une musique omniprésente. Le film raconte la vie d’un homme ordinaire, Robert, au début du XXᵉ siècle, et celle de sa famille. Ouvrier sur les chantiers ferroviaires, il partage davantage son quotidien avec ses compagnons de travail qu’avec sa femme et sa petite fille. Une existence simple, déroulée au cœur des paysages splendides du Nord-Ouest américain. Une existence ordinaire, mais traversée d’une menace diffuse que la voix off instille peu à peu : un événement qui fera basculer sa vie, épaissi par les rêves qui hantent Robert et par tout ce qui peut surgir sans prévenir — la mort, les accidents qui prennent par surprise.
On peut reprocher à Train Dreams un certain manque d’épaisseur. L’attachement au personnage principal reste difficile : la beauté visuelle, très travaillée, crée une distance et empêche d’entrer dans l’âpreté de son expérience. Le film est trop court pour explorer réellement la complexité de cette existence. La musique, souvent appuyée sur les violons, a tendance pour moi à éteindre l’émotion plutôt qu’à la faire naître, tant elle est présente.
Pour autant, je ne pourrais pas dire que j’ai passé un mauvais moment. J’en garde plutôt l’impression d’un survol, d’une proposition cinématographique qui ne nous laisse pas vraiment entrer dans cette histoire. Il reste cependant de très beaux plans, une photographie délicate, et de bonnes prestations d’acteurs.