Trap
5.4
Trap

Film de M. Night Shyamalan (2024)

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Trap ou la Psychose selon M. Night Shyamalan

M. Night… Ah, sacré M. Night Shyamalan !

A-t-on déjà vu un réalisateur autant critiqué ? Parfois à raison, souvent injustement.

J'ai toujours trouvé qu'il était très bon pour établir des pitch de films, mais pour l'exécution c'était toujours compliqué. (Old en terme de pitch c'est très fort, j'avais trouvé le film vraiment pas terrible, et c'est un exemple parmi tant d'autres)


Avec Trap, il nous offre un gros morceau.

C’est un film extrêmement difficile à juger.

Ce film est l’archétype du "mauvais film" sur ses 20 premières minutes : maladresses, rythme bancal, surjeu des acteurs...

Mais Trap mérite une analyse plus approfondie.

Ce n’est pas un film qu'on regarde sans réfléchir, malgré l'ère ou nous sommes, ou tout doit être produit, vus rapidement..


L’histoire : un concept piégeux (trop drôle, tu l'as ?)

Trap suit l’histoire d’un père qui accompagne sa fille au concert de sa chanteuse préférée.

Mais rapidement, on découvre que ce concert est en fait une opération montée par la police pour piéger un tueur en série, surnommé "Le Boucher".

Ce dernier est censé être parmi les spectateurs.

La chanteuse, (jouée par la fille de Shyamalan) est consciente du piège. (bref, c'est à la fois un concert, et à la fois une opération de police)


Mais pourquoi ce film est-il si brillant (d'après moi) ?


Une approche psychologique

L’élément clé du film est son point de vue : il nous place dans la tête du tueur en série.

Le surjeu du père, que je trouvais insupportable au début, prend tout son sens !

Ce comportement exagéré reflète la manière dont il cherche à paraître ordinaire, presque caricatural, pour détourner les soupçons.

Il joue ainsi un rôle : celui de "monsieur tout le monde" père aimant, banal, inoffensif... une personne lambda !

Dès que le père (qui se révèle être "Le Boucher") pousse une femme dans les escaliers, j’ai dû remettre la scène en arrière.

À ce stade du film (et pendant les 10 minutes suivantes), j’étais convaincu que j’étais devant un 3/10. (la scène été tellement grossière.. couple ça aux jeux des acteurs (le père, le vendeur..) il ne m'en fallait pas plus.


Reparlons du jeu/comportement exagéré du père, selon-moi c'est là ou le film frappe fort (sous ses aspects jeux d'acteurs naze, cela fait écho à ce qu’on sait des tueurs en série dans la réalité : des individus souvent discrets, manipulateurs, capables de se fondre dans la masse pour mieux tromper leurs victimes. Ce choix de mise en scène, bien qu’imparfait, sert l’aspect psychologique du film.

Et quand on voit le jeu du père, il remplit parfaitement ces critères !


Le film montre également comment ce père/tueur surmonte tous les obstacles qui se dressent devant lui. (je l'avoue, le film va un peu trop loin dans ces moments, même si...)

Quand on connaît les récits de certains tueurs en série, on se rend compte que la réalité dépasse souvent la fiction. (souvent exagérés dans les films, mais parfois des profiler te disent que certaines enquêtes sont limites des films, tellement ça part loin)


Premier bilan : le surjeu 1-0, car il est cohérent quand nous connaissons la psychologie des tueurs en série.

Les obstacles : 1-1, car même si ça existe, c'est un peu trop over the top, je vous l'accorde, le gars c'est Ngolo Kanté, il est partout sur le terrain.


Une deuxième moitié plus classique, mais efficace !

Après le concert, le film devient plus fluide, en tout cas plus équilibré, moins dérangeant.

Le tueur semble plus libre de ses mouvements, ayant échappé à la police, c’est là que le suspense fonctionne mieux selon-moi (et c'est surtout a ce moment qu'on peut voir la palette d'acteur de Josh Hartnett !)

Le film a donc 4 parties :

- Concert

- Limousine (avant et après, la seconde ou il réussit à s'échapper, tu t'y attends, et ça me rappelle Ghostface de Scream, et quand on connait mon amour pour la saga Scream... la scène me plait, même si attendu)

- La maison (meilleure partie, on voit déjà une évolution dans le jeu de l'acteur, même si le jeu de regard décrédibilise un peu, même si la gamine dit " papa est bizarre" ouai ouai...)

- La confrontation avec sa femme


La fin est .. discutable. Le tueur survit une fois de plus.

Personnellement, j’aurais préféré qu’il meure, car cela aurait apporté une conclusion plus crédible.

En le laissant s’en sortir, Shyamalan accentue cette idée d’un homme imprenable. (celà nuit un peu au réalisme du film)

Une œuvre à interpréter

Trap n’est pas un film parfait.

Il souffre de défauts : un rythme inégal, un manque de finesse par moments, et un surjeu qui peut rebuter (sur la partie du concert, et sur certains jeux de regards dont j'ai parlé précédemment).

Mais ce film interroge sur bien des aspects : la psychologie des tueurs, la perception qu’on a d’eux, et la façon dont ils se fondent dans la masse.


Shyamalan n’est pas un réalisateur parfait, il a enchainé pas mal de m*rde on vas pas se mentir.

Mais parfois, le problème ne vient pas seulement du film ou de son créateur.


Le public aussi a ses responsabilités !

Regardons-nous ces œuvres avec assez d’ouverture d’esprit ? pas étonnant au vu de l'époque dans laquelle nous vivons (fast-food, pleins de films et de séries disponible, on ne savoure rien, nous n'avons le temps de rien..)

La/les générations d'avant avaient peu, et donc ils se contentaient de peu.

Nous avons tout, et donc nous prenons de longues minutes a choisir l'œuvre sur laquelle nous allons nous pencher, pour être parfois à moitié dedans (les téléphones, on vous voit), puis une fois fini, Hop on passe à autre-chose.

Beaucoup ne réfléchissent pas devant le film (ce n'est pas interdit, loin de là, je ne suis pas un donneur de leçon, mais quand on critique quelque-chose, il faut parfois savoir se critiquer soi-même.


Un film peut avoir des défauts, il peut être imparfait ou même raté.

Mais parfois, le problème, ce n’est pas uniquement l’œuvre. Parfois, le problème, c’est nous, spectateurs.

Floo-Uzumaki
7
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Créée

le 12 janv. 2025

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Floo-Uzumaki

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