Si vous êtes un enfant des années 80 ou 90, « Trap House » est le genre de série B d’action qui fleurissaient sur les étalages des vidéo-clubs à cette époque à la fois pas si lointaine et semblant à des années lumières. C’était le genre de film parfait pour une soirée pizza entre copains le samedi soir, plus généralement destiné à la gent masculine qui voulait mettre ses neurones sur pause. On appelait cela les DTV (ou direct to video). Et, s’ils avaient la chance de sortir en salles c’était souvent l’été sur un nombre de salles limité aux premiers multiplexes de l’époque. Si vous êtes plus jeunes, c’est le genre de production qui atterrit généralement en VOD directement ou sur une plateforme. Celui-ci ne déroge pas à la règle puisque prévu pour une sortie technique dans les salles de cinéma américaines pour avoir une petite fenêtre prestige, il a finalement débarqué sur Prime en catimini durant le mois le plus triste de l’année niveau cinéma. Le mois de janvier qui est souvent celui des poubelles dans le jargon hollywoodien, celui où les distributeurs balancent les films envers lesquels ils n’ont pas confiance.
Et il est vrai que « Trap House » coche toutes les cases de ce type de longs-métrages pas forcément déshonorants (enfin la plupart du temps) mais qui s’avèrent très loin d’un cinéma qualitatif et pointu, on s’en doute bien. Dave Bautista, l’ancien catcheur en tête d’affiche est un premier indice qui colle bien à cette catégorie, bien que le bonhomme ait fait ses preuves avec brio dans d’autres styles récemment, de Marvel à la comédie en passant par le film d’auteur comme avec son excellente composition au sein de « The last showgirl ». À ses côtés, l’éternel second rôle Bobby Canavale et des jeunes pousses incarnées par, entre autres, Sophie Lillis (« Donjons et dragons ») et surtout Jack Champion, le Spider des derniers « Avatar » et l’un des tueurs de « Scream 6 ». Tout ce petit monde se retrouve à El Paso dans une affaire de guerre entre les cartels mexicains à la frontière et les agents de la DEA. Rien de transcendant ni de nouveau sous le soleil de la série B musclée américaine.
La petite nouveauté, car il en faut bien une pour que le spectateur friand de ce type de production soit un tantinet intéressé et que tout cela sorte un peu du lot : ce sont les enfants des forces de l’ordre, des lycées à peine majeurs, qui vont se retrouver mêlés à l’histoire de drogue et de blanchiment d’argent en organisant des braquages grâce à ce qu’ils ont pu observer chez leurs parents. Si l’idée paraît stimulante, sa crédibilité fait planer le doute. Et son exécution tout autant. Malheureusement ce postulat inédit n’est pas exploité comme il le faut et « Trap House » se positionne comme un film regardable mais particulièrement oubliable ou les séquences d’action ne sont guère mémorables et trahissent un manque flagrant de budget. Si la mise en scène est correcte et qu’un rebondissement bienvenu vient égayer le programme, ce petit film d’action où chacun est à sa place ne passera clairement pas dans les annales la faute à un ensemble anecdotique qui ne vaut que pour ledit pitch.
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