Fascinante réflexion sur la filiation.
Quand William Friedkin (alors descendu du piédestal sur lequel il était assis durant les 80's) réalise un film de traque qui oppose deux monstres du cinéma américains actuel, il est évident qu'on s'attend à un gros film.
Traqué ne nous fait pas mentir. Commençant par une narration réjouissante du regretté Johnny Cash, qui ne revisite ni plus ni moins que La Bible et sa Genèse, le film plonge ensuite son spectateur dans l'enfer de la guerre du Kosovo. Le spectateur en prend plein les mirettes, sans jamais perdre de vue le but de Friedkin. Les scènes sont crues, les massacres de populations bien réels et les plans fantastiques (surtout les explosions en fond d'écran, ultra-immersives). On passe ensuite à une scène de forêt avec Tommy Lee Jones. Deux scènes d'expositions, deux scènes parfaites, accrocheuses, parfaitement filmées, rien de tel pour lancer son film. Le reste du film est à l'avenant, entre courses-poursuites en ville ultra-spectaculaires, combats au couteau bestiaux et dialogues inspirés. Et pour illustrer ceci, quoi de mieux que de caster le duo Tommy Lee Jones - Benicio Del Toro pour incarner le traqueur et le traqué ? Le reste du casting n'est pas en reste, surtout John Finn, Connie Nielsen et l'excellent Ron Canada.
Friedkin se paie même le fait de ne jamais expliciter son intrigue sans que ce ne soit jamais gênant (nettoyeurs ? Simples chasseurs ?) et de finir son film sur une nouvelle citation de Johnny Cash. Du grand art.