Entre ellipses du passé, trauma du deuil et emprise, lentement, se libère une angoisse progressive. En même temps que l’atmosphère devient oppressante, une famille entre dans une spirale qui va les engloutir dans un cauchemar éveillé, jusqu’à l’implosion. Au sein de la maison de rêve, la normalité laisse peu à peu place - de façon insidieuse- à l’inquiétante étrangeté qui déforme le réel. Des incidents inexpliqués arrivent, des plantes mortes renaissent, de vieilles tuiles chutent et révèlent en dessous une toiture neuve. Le réalisateur explore avec subtilité l’inconscient d’une maison confondu avec celui des habitants aux prises avec leur passé, leurs secrets, leurs traumas. La lutte de la famille contre l’influence néfaste de la maison semble vaine : dérèglement familial, délitement progressif des relations, contamination vampirique, bascule dans la folie, jusqu’à un final terrifiant qui nous glace !
Le thème du vampirisme est omniprésent. Il ne s’agit pas ici d’une créature morte vivante mais d’une maison qui se nourrit de la vie, des sentiments et de l’histoire de ceux qui y vivent. La maison est un vampire qui les vide de leur substance vitale, de leur énergie et se régénère au fur et à mesure que la famille dépérit et se décompose. Elle aspire la vitalité et la santé mentale de ses occupants comme le fait le vampire en absorbant le sang. La vampirisation des personnages prend des allures diverses selon les personnages. En osmose avec la nature qui l’environne, avec les éléments qui se déchaînent, tel une créature humaine, la maison semble se protéger et se défendre contre l’intrusion de ses habitants.
Les similitudes avec Shining émaillent l’histoire qui évoque les dysfonctionnements d’une famille aux prises avec les fantômes d’une demeure.