Tremors
6.3
Tremors

Film de Ron Underwood (1990)

Une joyeuse tambouille, à base de monstrasses dégueulasses, qui fonctionne du tonnerre parce qu’elle est menée tambour battant par un réalisateur qui évite les bouts de gras anesthésiant habituellement ce genre d’exercice. Exit les amourettes pompeuses, que l’on se met pourtant à redouter lorsque l’atout charme du film joue des cils pour la première fois à l’écran ; exit également les guerres d’intérêts stériles entre humains qui les mèneraient à leur perte ; exit enfin les bestioles au QI si supérieur qu’elles pourraient intégrer normale Sup sur dossier.

Dans Tremors, Ron Underwood dose parfaitement chaque ingrédient qu’il incorpore à sa mixture. Un velouté d’influences qui aboutit à un voyage en pleine zone désertique fait de sourires massifs et de tripailles purulentes. En guise de bestiaux peu hospitaliers, le cinéaste opte pour une petite originalité : de gros vers souterrains bien badass qui chiquent de l’humain en les pistant au sonar. De quoi faire muter la maxime célèbre qui nous fait tous avancer en un « Marche et crève » délicieusement cynique.

Le gros atout du film est sans aucun doute son casting de mâchoires bien carrées. Fred Ward bouffe littéralement l’écran quand il ne partage pas l’éprouvette de charisme allouée par le budget avec le trublion Kevin Bacon qui, lui, irradie l’écran de sa bonne humeur. Cheveux mi-long, look surfeur des sables, le duo qu’il forme avec son aîné fonctionne à plein tube. Il suffit d’un plan où on le voit faire pleurer le baigneur face à une falaise, avant d’aller réveiller en fanfare son compère, le tout accompagné par un mouvement de caméra bien dosé, et le capital sympathie est déjà à son maximum en à peine 2 minutes 12 de bobine. On s’imagine alors ce qui va suivre comme une bonne tranche de rigolade, en espérant que la zen attitude des premières secondes perdurera : ce qui, par bonheur, est effectivement le cas.

Sans être la surprise de la décennie, Tremors est un film de monstre qui livre la marchandise avec générosité, et c’est bien tout ce qu’on lui demande. Ron Underwood évite tous les pièges que l’on pouvait redouter : ses personnages sont tout sauf stupides, la relation amoureuse est très bien gérée, les monstres sont suffisamment présents sans passer en mode Godzilla invincible et tout s’enchaîne sans temps mort, au moyen de scénettes qui privilégient le spectacle à la réflexion de petit malin. Les plus tatillons trouveront les effets visuels un peu datés, je les trouve pour ma part délicieusement décalés. Quant à tous les personnages qui peuplent la vallée menacée, c’est un exploit, mais pas un seul n’est vraiment exécrable. Ils ont pourtant tous, plus ou moins, le potentiel de devenir détestables. Mais pour chacun d’eux, Ron Underwood imagine au moins une scénette qui les rachète aux yeux du spectateur. Cette capacité qu’a le réalisateur à faire exister tous les personnages est très respectable.

En bref, Tremors est une bobine placée sous le signe de la farce potache, des punchlines bien fleuries et est habitée par des acteurs impliqués qui parviennent, sans mal, à communiquer le plaisir qu’ils prennent à jouer les proies terrifiées. Un petit film qui ne paye pas de mine, mais ne manque pas de saveur. Une séance à se garder sous le coude comme petit digestif revigorant, après un rush final oppressant au boulot, qui vous aurait privé, temporairement j’en suis sur, de vos précieux neurones ! De quoi retrouver la pêche en 1H34, rien que pour ça, chapeau.
oso
8
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le 6 nov. 2014

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oso

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