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le 5 juin 2026
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C'est l'histoire d'un mec qui part à Tahiti comme on prend le RER et séquestre de pauvres hôtes pour des interviews de développement personnel. Un mec qui pense que son oisiveté de petit-bourgeois...
On est face à un pur objet cinématographique vide. Un projet qui n'apporte absolument rien au médium. En réalité, c’est une bonne vidéo YouTube, un vlog de vacances soigné, mais un très mauvais documentaire de cinéma.
Le pitch vendu ? Une réflexion authentique, fraîche et spontanée sur le passage à la trentaine. Déjà, relativisons : franchir le cap des 30 ans, ce n'est pas non plus l'étape du siècle. On peut en faire un sujet, à condition d'avoir quelque chose à raconter. Ici, ça se limite à des gens qui se posent des questions banales en champs contre champs. Surtout, comment croire à cette prétendue authenticité intime quand le mec voyage avec toute son équipe technique, cadreurs inclus ? Ce dispositif lourd tue dans l’œuf toute spontanéité et authenticité. On ne filme pas une crise existentielle profonde avec une régie derrière soi.
Le fond ressemble surtout à un voyage thérapeutique payé sur les frais de la société pour compenser une rupture amoureuse. Un ego trip de riche. Le message sous-jacent est lunaire : "J'ai des problèmes, mais comme j'ai de la thune, je pars me poser des questions sur moi-même à l'autre bout du monde pendant une semaine et je trouve une solution miracle quand je reviens sur Paris : Je déménage dans un appart trois fois plus grand pour changer d'air." C'est ça, la solution universelle à nos crises existentielles de petites gens "normaux" ?
Cette déconnexion totale du monde réel et terre-à-terre transforme le projet en un vlog de luxe. En prime, en captant un énième cliché du style "ces gens là-bas n'ont rien, mais au final ils ont tout" ... Et le pire, c'est que Seb a estimé que ce contenu méritait une sortie en salles. On est en droit de se demander pour qui il se prend.
La note sauve uniquement la technique. Les images sont belles, quelques thèmes restent touchants (le deuil) et on sent malgré tout une certaine sincérité chez lui. Mais le traitement est d'une maladresse infinie.
Créée
le 7 juin 2026
Critique lue 19 fois
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