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SuivreMoi je
C'est l'histoire d'un mec qui part à Tahiti comme on prend le RER et séquestre de pauvres hôtes pour des interviews de développement personnel. Un mec qui pense que son oisiveté de petit-bourgeois...
Au tout début, il y a une mise en scène de transition/de constraste assez travaillé, une composition sympa. Pour le reste, c'est bavard et égocentrique, la vibe est un peu superficiel, un peu adolescente. Ce coté adolescent vient peut-être du fait que je n’y crois pas une seule seconde à la sincérité du projet parce que c’est filmé avec beaucoup trop de moyens pour que ce soit une « retraite spirituelle solitaire ». Tout le dispositif pue l'artificialité. Pour préciser, quant à l'idée que c'est trop bavard, c'est surtout que c’est trop bavard par rapport au talent d’écriture de Seb en fait, il écrit pas spécialement bien donc on a rapidement la sensation qu’il parle trop. Alors ok il fait pas les erreurs de base son texte est propre, pas répétitif, etc mais clairement ça n'est pas suffisant quand tu parle autant (un peu de poésie ça va tuer personne merde, cf les journaux filmé de Pauwels).
C'est un peu colonial quand même la mise en scène aussi illustrative des locaux qui a pour effet de les faire apparaître comme une altérité exotique strictement décorative sans se questionner sur la position de son regard. On notera le fait que rien sur Tahiti n'est développé. Par exemple, la séquence ou le gars le présente au dieux de Tahiti (qui sont ces fameux dieux ? D'ou vient cette tradition ? C'est quoi son rapport à la religiosité ? nan nan jamais regardez comme je suis triste d'avoir trente ans). De plus, Tahiti est sans cesse stabilisé, réifié par un regard qui ne le percoit que par étrangeté par rapport à Seb mais qui ne pense jamais son identité propre (c’est dommage que Seb s’inspire pas de Marker qui aurait eu tellement de choses à lui apprendre, peut-être qu'on sent ici le manque de connaissance et de curiosité pour le genre du documentaire). On mentionnera le passage sur "le sport national ici c'est le soulever de cailloux", dis comme ça, avec ces mots là, sans aucune information supplémentaire, ça fait vraiment "regardé les ces idiots avec leur sport bizarre". Peut-être que c'est pas son intention ni sa pensée mais en tout cas c'est ce que le dispositif filmique qu'il a choisi produit. C'est casse-gueule de faire un documentaire à la fois sur soi et sur une région étrangère mais franchement il y avait tellement de meilleurs angles possibles.
On rajoutera que c’est surement trop rapide dans le rythme et trop propre dans la photo pour ne pas avoir l’impression de faire un documentaire pour un office de tourisme. C'est con parce que ça marche quand même assez bien le mélange images d’archive et images du présent mis cote à cote. Mais tous les défauts évoqués font que ça se veut profond mais que ça parait très superficiel et que c'est court mais que pourtant ça parait long.
Créée
le 17 août 2026
Critique lue 5 fois
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