Sorti en 1950, Tripoli - qui a la particularité de s'intituler ainsi et de ne pas se dérouler du tout à Tripoli ! - est un sympathique petit film d'aventure et de guerre, qui relate la prise en 1805 du port lybien de Derna, qui conduisit à la victoire des États-Unis dans la guerre de Tripoli (il y a quand même un lien !) la même année. Et comme le dit l'un des hauts gradés, c'est même « la première victoire américaine sur le sol étranger »... donc ça méritait bien un film ! La guerre avait été déclenchée en 1801 lorsque la toute jeune nation, lassée des raids des pirates barbaresques en Méditerranée qui nuisaient à leur commerce, avaient décidé d'attaquer les états du Maghreb, alors vassaux de l'empire ottoman.
Le film se déroule en trois parties : la présentation des enjeux (l'armée U.S. va solliciter l'aide militaire du pacha Hamet, déchu du trône de Tripoli par son frère et réfugié dans une oasis égyptienne), les préparatifs de la bataille (le recrutement de mercenaires puis la longue traversée du désert jusqu'à Derna), et la baston en elle-même (où les Ricains attaquent à la fois depuis la terre et la mer). Histoire de pimenter un peu le tout, les scénaristes ont brodé sur ce canevas une romance houleuse entre le lieutenant en charge de l'expédition et une comtesse française quelque peu arriviste.
Et pourquoi pas, quand la demoiselle en question n'est autre que la ravissante Maureen O'Hara ? La flamboyante rouquine, qui régale de danses orientales, de grandes claques dans la tronche de son soupirant, de chevauchées de galop et de minauderies typiquement féminines, illumine de sa présence une métrage qui sans elle ne serait qu'un banal petit film de guerre entre bonshommes. Elle y retrouve, trois ans après la sympathique comédie de Noël Miracle sur la 34e Rue, John Payne, qui dégage cette fois-ci un réel charisme. Autour des deux vedettes, on retrouve comme il se doit l'officier faire-valoir, l'autochtone traître, le sergent marrant et, surprise, le truculent commandant d'une bande de mercenaires grecs.
Le film de Winston Miller s'avère plaisant, bien rythmé, comique juste comme il faut, et offre une scène de bataille finale bien foutue malgré son manque évident de moyens. Une bonne petite surprise donc, sur un fait historique méconnu mais intéressant.