L’Apologie d’un éTron Numérique : Déambulation Inutile dans le Néant Luminescent
J’ai peur du noir et la technologie m’effraie
Kevin Flynn, génie informatique désabusé, est propulsé dans l’univers cybernétique qu’il a contribué à créer. Pris au piège dans un monde régi par une intelligence artificielle tyrannique — le Maître Contrôle Principal — il s’allie au programme Tron pour libérer le système de son joug.
Un délire cybernétique abscons au service d’un récit indigent
À la croisée d’un imaginaire digital balbutiant et d’une ambition narrative d’une vacuité sidérante, Tron s’impose, non comme une œuvre avant-gardiste, mais plutôt comme un monument à l’hermétisme cinématographique. Sous ses atours phosphorescents et son esthétique pseudo-futuriste se dissimule une intrigue que l’on pourrait qualifier, sans emphase, de patafiolesque — tant elle accumule, avec une persistance inquiétante, les circonvolutions scénaristiques inutiles, les bifurcations logorrhéiques et les digressions techno-ésotériques, dans une verve algorithmique réservée à une caste élue de proto-informaticiens autoproclamés.
Le film, en déployant une odyssée numérique qui se veut ambitieuse, s’enlise dans une succession d’événements dépourvus de liant, d’intérêt dramatique ou même de cohérence interne. On suit, hébété, un protagoniste catapulté dans un univers électronique où règne une logique absconsissime, saturée de jargons hermétiques, de protocoles inventés, de divagations binaires et de programmes anthropomorphes s’exprimant comme des manuels de codage récités sous kétamine.
Une cacophonie syntactico-numérique au rythme stroboscopique
Le tempo, s’il en est, oscille entre le précipité convulsif et la léthargie contemplative, dans une danse insensée entre accélérations injustifiées et contemplations pseudo-mystiques d’écrans clignotants. Le montage, tout en ruptures épileptiques et en ellipses pataudes, confère à l’ensemble une dynamique éprouvante, proche du supplice mental pour quiconque n’arbore pas un doctorat en langages de programmation obsolètes.
Les dialogues, quant à eux, sont d’une aridité conceptuelle presque sublime : hermétiques, sibyllins, parfois franchement amphigouriques. Ils semblent avoir été rédigés par une intelligence artificielle sous acide, puis traduits du binaire à l’araméen pour être enfin réinjectés dans un script hollywoodien. Le commun des mortels, peu versé dans les mystères des bits, octets et systèmes d’exploitation anthropomorphes, restera irrémédiablement à la porte de ce temple technolâtre.
Un film de niche pour l’élite des technophiles
Soyons clairs : ceci n’est pas un film. C’est un manifeste. Un manifeste pour les geeks invétérés, les passionnés de cartes mères, les adorateurs de la logique booléenne. Pour ce public restreint, l’œuvre peut se targuer d’un certain charme néo-ludique, voire d’une valeur archéologique dans l’histoire des cybernarrations cinématographiques.
Mais pour le spectateur lambda, doté d’un cerveau non-câblé en C++, ce métrage est une épreuve. Une longue errance dans un univers où la logique dramatique s’efface devant la complexité informatique gratuite, où l’émotion est reléguée au second plan par des préoccupations de rendu vectoriel et de matérialisation de l’intelligence artificielle dans une forme humanoïde rébarbative.
Une absence de rédemption critique
J’ai coutume, par élégance morale, de ponctuer mes exécrations critiques d’un contrepoint laudatif, un éclat d’indulgence dans l’ombre de ma sévérité. Ici, hélas, je peine à trouver un quelconque lumignon dans ce marasme phosphorescent. À peine pourrai-je mentionner la brièveté relative de cette œuvre (encore que), comme on féliciterait une migraine d’être passée en moins de deux heures.
Tout, dans cette production, transpire l’orgueil techniciste, la fatuité visionnaire et l’arrogance numérique. Ce film, que certains s’obstinent à qualifier de précurseur, n’est qu’un éTron déguisé en parabole futuriste, une diarrhée de pixels au service d’une narration indigeste, une démonstration technique dénuée d’âme, d’humanité, et surtout de pertinence.
Conclusion : Un naufrage lumineux dans le néant de la surenchère numérique
Il est des œuvres qui vieillissent avec grâce ; celle-ci vieillit comme un fromage oublié derrière un serveur. Il est des films que l’on revoit avec nostalgie ; Tron, lui, s’exhume comme un cadavre numérique, pour être disséqué par les férus de l’histoire informatique, dans une morgue froide et sans émotion. Qu’il repose en paix dans les archives de la siliconisation cinématographique.