Vous avez dit hitchcockien? La plupart des thrillers qui se réclament de cette filiation renvoient surtout à deux ou trois films d'Alfred Hitchcock, principalement Psychose et Vertigo, alors que la filmographie du maître du suspense compte plus de 50 titres, sans compter les courts métrages pour la télévision. Troubles, petit polar sympa typique des années 90 n'échappe pas à cette règle restrictive. Les connaisseurs de Hitch s'amuseront à repérer les nombreuses allusions aux deux films précités, mais aussi à quelques autres, par exemple avec les scènes de poursuite en voiture sur des routes à haut risque, récurrentes dans l’œuvre du cinéaste anglais. Pourtant même s'il est fabriqué avec beaucoup de soin, le film de Wolfgang Petersen souffre d'une révélation finale certes bluffante mais tellement invraisemblable qu'elle discrédite une intrigue jusque là bien menée et fort agréable à suivre. Tout le contraire de Hitchcock qui parvenait à rendre crédibles et parfaitement évidentes les situations les plus outrageusement romanesques tout comme il provoquait chez le spectateur une identification immédiate avec ses héros. Ce n'est pas le cas ici: si l'on s'amuse beaucoup avec le sympathique personnage de détective (et propriétaire d'un magasin d'animaux) joliment incarné par Bob Hoskins, on n'est guère touché par le riche architecte campé par Tom Berenger, pas plus charismatique ici que chez Ridley Scott (Traquée, 1987). Heureusement, il y a la toujours impeccable Greta Scacchi qui irradie de sa beauté trouble un scénario auquel on aurait aimé croire jusqu'au bout. Une poignée d'étoiles rien que pour elle!