Déjà les femmes, toujours les femmes. Toujours prêtes à forniquer en dehors des liens sacrés du mariage; toujours prêtes à tenter le diable qui sommeille en chacun de nous.


Ce n'était pas si longtemps, ce n'était pas en Afghanistan. C'était en Irlande, hier. Cette Irlande bigote qui sanctifiait le mariage d'un homme et d'une femme en vue d'une procréation abondante et illimitée pour peupler l'Eglise. Ce mariage qui comme chacun sait, mais ce qu'elles semblaient s'obstiner à ignorer, est un sacrement qui doit rappeler l'union du Christ et de l'Eglise.


Ce n'était pas au Moyen-Age, ni dans une lointaine peuplade obscurantiste mais dans l'Irlande du XXè siècle sous la domination de l'Eglise catholique romaine, celle là même dont les officiants se laisseront volontiers aller au péché le plus grave mais certainement le plus agréable sur celles et ceux à qui ils sauront imposer leur domination.


Bill Furlong/Cillian Murphy est un père de famille d'une petite tribu de filles . Charbonnier et marchand de combustibles divers, il mène une vie paisible entre un acharnement au travail et une vie de famille souriante et heureuse.


De moins en moins souriante en fait car ce qu'il a entrevu et deviné lors d'une livraison de combustibles au couvent des Madeleines voisins a réveillé en lui des souvenirs douloureux. Lui-même enfant né en dehors d'un mariage et fils d'une jeune femme affectueuse, « une pensionnaire » du couvent lui rappelle cette mère aimante qui a eu le bonheur d'être accueillie avec son fils dans une famille patricienne respectueuse des autres et attentive à autrui. Cela existait et existe encore quoique puissent penser certains.


Bill a eu une enfance heureuse et n'a rien oublié ni de l'attention qui a été prodiguée à sa mère et à lui-même, ni de l'immense tristesse qu'il a ressentie quand elle est subitement décédée sous ses yeux.


Bill ne peut oublier l'appel au secours de Sarah mais il lui en coûte d'envisager de lui venir en aide car cela revient à s'opposer à la toute puissance des Sœurs du couvent et à leur pouvoir de rétorsion. Quand il s'en ouvre à Eileen, son épouse, nous mesurons combien la population irlandaise avait intégré cette domination sur les esprits exercée par un catholicisme prégnant pour qui la charité chrétienne est surtout synonyme d'ordre social qu'il veut immuable. Bill, lui même, n'échappe pas à la difficulté de se soustraire à cette emprise.


Quand il choisit de tendre la main à Sarah et qu'il la ramène, le jour de Noël, au domicile familial, il ne préjuge pas de l'accueil que lui fera Eileen et le réalisateur Tim Mielants nous confie le soin d'y réfléchir nous-même en terminant le film une fois le seuil de la porte de la maison familiale franchi.


Si The Magdalene Sisters de Peter Mullan évoquait l'enfermement des jeunes filles pour leur faire expier leur péché, pratique totalitaire dont nous ignorions à peu près tout, Tu ne mentiras point de Tim Mielants revient sur ce sinistre épisode de l'Histoire irlandaise du point de vue d'un enfant ...du péché devenu adulte.







Freddy-Klein
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le 10 juin 2025

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