Même s'il n'a fait que deux Bonds (en avant...) Timothy Dalton a tout d'un agent secret crédible, le flegme britannique de Sean Connery, un peu d'humour, mais pas trop, en tout cas beaucoup plus nuancé que celui de Roger Moore. Sans avoir la poigne, ni le look de déménageur d'un Daniel Craig, il respire la force tranquille, avec ce coté efficace sans fioriture d'un double zéro, prêt à terminer ses adversaires sans aucun état d'âme et de sang-froid. Il n'est certainement pas aussi charmeur que Pierce Brosnan, mais un bon agent n'a pas nécessairement besoin d'avoir une gueule d'ange. Même s'il a un trou dans le menton, celui-ci est moins proéminent que celui de Georges Lazenby. Et surtout, c'est un acteur Shakespearien issu des planches, l'Académie Royale d'Art dramatique, avec la diction et la tenue qui convient. Vous l'aurez compris, à mon sens, Timothy Dalton incarne parfaitement l'agent 007.
Sa prestation dans Tuer n'est pas jouer le mettra au volant de la fameuse Aston Martin V8 Vantage Volante Serie II, une de mes préférées. Au menu, Lasers incorporés dans les jantes pour découper le chassis des voitures gênantes, vitres pare-balles (n'est-ce pas, Mr Elon Musk...), lances roquettes dans les feux antibrouillards avec visée tête haute, réacteur d'appoint, crampons amovibles et skis rétractables pour la glace ! et comme tous les autres modèles de la serie: siège éjectable et système d'autodestruction... Tout cela pour ça ? Bond est en mode système D, une malle de violoncelle fera l'affaire pour servir de luge, et le gadget le plus économe mais salvateur s'avèrera être un porte-clef...
Face à lui, Andreas Wisniewski (Necros), un danceur classique Allemand, qui évolue avec grâce en jettant des bouteilles de lait explosives au nez du MI6 (un petit déjeuner normal, en somme...) et manipule parfaitement les ustensiles de cuisine comme armes de poing. De livreur de lait à médecin, il n'y a qu'un pas, un stéthoscope fera l'affaire, pratique pour évacuer ses cibles. Il finira dans les airs avec une chaussure dans les mains, triste sort, surtout lorsqu'on est responsable d'une cargaison de 100 millions de $ en opium brut... Le boss final (Joe Don Baker) collectionneur feru d'histoires de guerre et amateur de dioramas interactifs, n'aura été qu'une formalité.
Si ce n'est pas le meilleur Bond, il est drôlement bien rythmé, la scène d'ouverture sur l'île de Gibraltar est d'anthologie, et trouve d'intéressantes variations du thème bien connu. Seul Bémol, Maryam d'Abo est un peu trop 'jeune fille sage' pour faire la réplique à Dalton, semble subir tout du long, et se révèle moins sexy que l'affiche le suggèrait...