Au cœur de Londres, cinq malfaiteurs mettent au point un plan astucieux pour braquer un convoi d'argent liquide. Plan qui implique malgré elle une gentille vieille dame, chez qui ces messieurs logent, en se faisant passer pour des musiciens. Evidemment tout ne se passera pas comme prévu !
Je m'attendais à un braquage qui tarde à arriver, et du comique de situation entre cette veuve trop curieuse et nos bandits trop gauches. En réalité ces situations sont rapidement expédiées, le braquage survient vite. L'enjeu sera plutôt la confrontation entre d'un côté, la vieille dame honnête mais trop directe, et de l'autre nos braqueurs vicieux mais qui rechignent pour autant à la liquider.
Si la mise en scène est peu datée (fonds en transparence assez évidents, couleurs verdoyantes omniprésentes qui ne sont pas du meilleur goût), "The Ladykillers" bénéficie d'une part de son humour noir so british. Avec plusieurs situations ou répliques bien amusantes, notamment le décalage entre l'argot de nos bandits et le langage policée de madame.
D'autre part, ce sont assez évidemment les comédiens qui sont à l'honneur ici, et qui font grandement le sel de l'histoire. Parmi eux, Katie Johnson, excellente dans le rôle de Mme Wilberforce, qui parvient à rendre attachante une dame pourtant inquisitrice et obtuse. L'actrice trouvera à 76 ans une reconnaissance critique, avant de succomber 2 ans plus tard.
Face à elle, nos cinq larrons sont de profils bien différents. On repère notamment Peter Sellers alors méconnu en grand maladroit (évidemment !), face à Herbert Lom (son futur comparse de la saga Pink Panther !), qui incarne un gangster parano et expéditif. La palme revenant à Alec Guiness, qui joue ce cerveau détraqué au corps déformé et à la mine crapuleuse. De manière assez troublante, ses yeux creusés, son sourire vicieux, ses cheveux mi-longs, et ses oreilles, donnent presque l'impression aujourd'hui qu'il se livre à une imitation de Klaus Kinski !
En résulte une comédie typical british toujours plaisante à voir.