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Tempus fugit
Oh bon génie du grand tunnel d’Urashima, je t'en prie exauce mes vœux les plus chers.Saisissant le besoin contemporain de s'évader vers des contrées imaginaires ou l'âme peut se perdre un temps dans...
le 8 juin 2024
Tunnel to Summer (également appelé Natsu e no Tunnel, Sayonara no Deguchi) est un excellent film ! J'ai regardé entièrement le film en VOSTFR en juin 2024 au cinéma mais je n’ai pas lu le light novel.
L’histoire débute avec Kaoru Tōno, un lycéen marqué par la perte de sa petite sœur, qui découvre un tunnel mystérieux capable d’exaucer les vœux les plus chers… au prix d’un temps qui s’écoule différemment. Il fait la rencontre d’Anzu Hanashiro, une camarade aussi brillante qu’énigmatique, qui lui propose de l’aider à explorer ce tunnel. Ensemble, ils vont se confronter à leurs blessures intimes, à leurs rêves enfouis, et à la question du sacrifice. Ce récit, à la fois intime et universel, nous plonge dans une quête de soi bouleversante, où chaque pas dans le tunnel est une plongée dans l’âme.
Avant d’argumenter, une question se pose : comment un film aussi court parvient-il à condenser autant d’émotions, de poésie et de justesse dans une narration aussi fluide ? Est-ce la magie du tunnel, ou celle d’un scénario finement ciselé ? Peut-être un peu des deux.
Eh bien, de manière générale, cet animé est excellent et qui me procure le plus d'émotion tout au long du film, combinant humour et émotion, tout en étant le plus accessible. Il réussit à capturer l’essence de l’adolescence, ce moment suspendu entre douleur et espoir, entre fuite et acceptation. L’alchimie entre Kaoru et Anzu est sincère, jamais forcée, et leur relation évolue avec une délicatesse rare. Le film aborde des thèmes puissants comme le deuil, le regret, le pardon et la reconstruction, sans jamais sombrer dans l'émotion. Il nous pousse à réfléchir sur ce que nous serions prêts à abandonner pour retrouver ce que nous avons perdu.
Le tunnel est bien plus qu’un simple passage mystérieux : il est le cœur symbolique du récit, un espace suspendu entre le passé et le présent, entre le désir et le renoncement. Sa fonction principale est d’exaucer les vœux les plus chers de ceux qui y pénètrent mais à un prix redoutable : le temps y est distordu. Quelques secondes passées à l’intérieur peuvent équivaloir à des heures, voire des jours, dans le monde réel. Cette altération de la perception du temps n’est pas qu’un ressort fantastique : elle reflète la manière dont le deuil, le regret ou la nostalgie peuvent figer notre esprit dans un moment révolu. Pour Kaoru, le tunnel devient la promesse d’un retour impossible, d’un adieu qu’il n’a jamais pu formuler. Pour Anzu, il représente une échappatoire, un lieu où elle pourrait enfin se libérer des attentes qui l’étouffent. Mais à mesure qu’ils s’enfoncent dans ce lieu hors du temps, ils découvrent que chaque souhait a un coût, et que ce coût est souvent celui de l’instant présent.
Le tunnel agit alors comme un rite de passage : il isole, confronte et transforme. Il oblige les personnages à faire face à leurs blessures, à leurs illusions et à choisir entre l’obsession du passé et l’acceptation du présent. En sortant du tunnel, Kaoru et Anzu ne sont plus les mêmes. Ils n’ont pas effacé leurs douleurs mais ils ont appris à les regarder en face, à les intégrer dans leur histoire personnelle. Ils ont compris que la reconstruction ne vient pas d’un miracle mais d’un choix : celui de vivre ici et maintenant.
Concernant les personnages principaux, Kaoru et Anzu :
Il est un personnage profondément marqué par la perte. Son deuil n’est pas seulement celui d’un être cher, mais aussi celui de l’innocence, de la confiance, et d’un lien familial brisé. Ce qui rend son parcours si poignant, c’est cette culpabilité silencieuse qu’il porte comme un fardeau invisible. Il n’a jamais pu dire adieu à sa sœur, et cette absence de clôture émotionnelle le pousse à se replier sur lui-même. Son père, lui-même incapable de gérer la douleur, projette sa colère sur Kaoru, accentuant son isolement. Le regret devient alors une seconde peau : celui de ne pas avoir été assez fort, assez rapide, assez présent. Le tunnel, dans ce contexte, devient une échappatoire tentante, un lieu où le temps peut être manipulé, où l’on peut espérer réparer l’irréparable. Mais c’est aussi un piège, car il symbolise cette illusion que le passé peut être réécrit sans conséquences.
Et Anzu :
Son histoire est tout aussi complexe. Derrière son apparente assurance se cache une jeune fille en quête de sens, de liberté, et surtout de reconnaissance. Elle a été blessée par un environnement qui ne lui laissait pas la place d’exister pleinement, d’exprimer sa singularité. Elle fuit non seulement un passé douloureux, mais aussi une société qui l’a enfermée dans des attentes rigides. Son approche du tunnel est différente de celle de Kaoru : elle y voit une opportunité de se réinventer, de se libérer des chaînes invisibles qui l’entravent. Mais au fil de leur exploration, elle comprend que la véritable libération ne vient pas d’un monde parallèle, mais d’une acceptation sincère de soi.
Leur relation devient alors le cœur battant du film. Ensemble, ils créent un espace de confiance où chacun peut déposer ses blessures sans crainte d’être jugé. C’est dans cette intimité que naît le pardon : un pardon mutuel, mais surtout un pardon intérieur. Ils apprennent à se regarder avec bienveillance, à reconnaître qu’ils ne sont pas responsables de toutes les douleurs qu’ils portent. Et c’est précisément cette reconnaissance qui amorce leur reconstruction. Ils ne cherchent plus à fuir, mais à avancer, à bâtir quelque chose de nouveau à partir des fragments de leur passé.
Kaoru et Anzu ne sont pas simplement deux adolescents confrontés à un tunnel magique. Ils sont les reflets de nos propres luttes intérieures, de nos blessures enfouies, de nos espoirs fragiles. Leur évolution n’est pas spectaculaire, mais profondément humaine. Et c’est ce qui rend ce film si bouleversant : il nous rappelle que la guérison ne vient pas d’un miracle, mais d’une rencontre, d’un regard, d’un pas vers l’autre.
Au passage, il n'y a pas de fan service, ce qui rend le film agréable à suivre.
Au niveau de l'animation globale et du chara-design, les détails de l'expression faciale sont impressionnant ! On voit clairement comment ils ressentent ! De plus, tous les endroits du films sont directement inspiré IRL et à la moindre détail ! Ce qui rend le film ultraréaliste, culte et marquant ! Chaque plan est soigné, baigné d’une lumière douce et mélancolique qui épouse parfaitement le ton du récit. Les décors, qu’ils soient urbains ou oniriques, sont sublimes et participent pleinement à l’immersion. Le chara-design, quant à lui, parvient à transmettre une grande expressivité avec une simplicité apparente. Mention spéciale à la bande-son, discrète mais poignante qui accompagne les moments clés avec une justesse émotionnelle rare.
Bref, c'est un excellente film mais malheureusement, je trouve que c'est trop méconnu en France.
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Créée
le 22 juin 2025
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