Ron, récemment divorcé, emmène ses deux enfants Tim et Annie fêter Thanksgiving chez une tante qu’il n’a pas revue depuis des années. La famille arrive dans la petite ville de Turkey Hollow, réputée pour ses dindes de Thanksgiving, mais également pour son monstre local qui hante la grande forêt environnante. Cette légende est prise au sérieux par plusieurs habitants dont le défunt oncle de Ron qui a laissé force notes à ce sujet. Tim s’y intéresse…
Jim Henson était un enchanteur, au sens le plus noble du terme. Ce marionnettiste de génie a créé Dark Crystal et les Muppets. Son héritage perdure grâce à la Jim Henson Company, et ce studio continue de produire régulièrement des films de marionnettes comme Turkey Hollow. Cette œuvre est réalisée par Kirk R. Thatcher, un habitué des Muppets.
Le scénario, originalement écrit par le maître, a été adapté par le réalisateur ainsi que Jerry Juhl, un ancien marionnettiste employé de Jim Henson qui est passé depuis à l’écriture. L’histoire est calibrée pour les enfants et cible la période de Thanksgiving. On y retrouve donc tous les canons habituels : la famille, des méchants pas bien terribles et, bien sûr, des marionnettes.
Si l’histoire a été un poil modernisée (Annie est accro à son portable), elle fleure bon les contes de fées. Tout le monde est gentil, bien intentionné, et cela se termine bien. Les acteurs s’en sortent diversement, mais ce n’est pas vraiment important. Non, l’essentiel est de prendre une bonne grosse bouffée de magie rose bonbon.
Les images sont simples, la narration tient de la pièce de théâtre et il y a même un présentateur qui prend le spectateur de 5 ans par la main pour qu’il comprenne. Les peluches, pardon, les marionnettes, ont la bouille caractéristique des créatures de Jim Henson, les mouvements des Muppets, mais ne sont pas assez présentes à mon goût dans l’œuvre ; elles sont tout au plus des sortes d’animaux savants et non de vrais êtres doués d’un intellect comparable à un humain.
En revanche, ce qui est surprenant, c’est la couche ésotérique. Tata Cly est une apprentie shaman à la sauce new age, végétalienne, médium à ses heures et qui invoque les défunts (mais en toute bienveillance). Ce virage est plutôt surprenant dans un pays qui voue un culte à l’industrialisation et au rationalisme. Aurais-je manqué quelque chose ?
Turkey Hollow s’adresse aux enfants, petits et adultes, qui aiment les histoires sucrées et les marionnettes. Ce téléfilm n’a d’autre prétention que de faire rêver, et il y arrive avec brio. Félicitations !