Avant de commencer, on sait déjà que ce film aura une grande dimension dénonciatrice envers la police. Le synopsis, l'affiche, les récentes affaires aux US, Mike Conley et KD à la production, tout était à la fois si alléchant, mais je savais qu'il était tout aussi possible que le réal tombe dans le piège de faire un pamphlet à destination des non convertis plutôt qu'un message fort au service d'un film.


Les résultats sont formels, c'est une réussite à quasi tous les étages. Ça démarre comme une version idéalisé de la vie américaine, le bel appartement, le beau mec qui se réveille aux cotés d'une belle femme nue qui cache dans ses draps (alors que quelques heures plutôt il l'a niqué mais bon passons). Puis vient l'élément déclencheur, le contrôle du flic et l'on sait directement grâce au jeu formidable d'Andrew Howard qu'il n'est pas tombé sur un rigolo.


Les bavures et les morts s'enchaînent, à chaque fois Joey Badass n'a pas le temps de retrouver son appart qu'il se fait tuer par ce policier. Cette répétition arrive bien à nous faire un peu comprendre ce qu'un noir au États-Unis ressent quand il voit chaque semaine des personnes de sa couleur de peau mourir par les flics. Après tout ces meurtres, les noirs se sentent coupables par défaut et quand ils marchent dans la rue espèrent ne pas tomber sur l'Andrew Howard.


Ensuite, le film met en scène les différentes solutions à ce problème, celles-ci échouent à chaque fois. C'est significatif de voir que la discussion face à un raciste ne résout rien et le film ne s'attaque pas seulement au système discriminatoire, mais aussi aux hommes blancs racistes et leur personnalité propre. La solution de la révolte est exclue de toute façon, seul, il ne peut rien faire. L'une des solutions qui parait viable, ce sont les manifestations et l'engagement de tout le peuple.


Finalement, c'est un film au sujet d'actualité traité de manière original et tellement consistant qu'on aimerait un film plus long. Chapeau à tous les acteurs du projet et à Joey Badass qui livre une performance tout aussi réussit que son couplet dans Beautiful Life (j'adore ce morceau, allez écouter).

Hurakan
8
Écrit par

Créée

le 29 avr. 2021

Critique lue 787 fois

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