Léopard d'Or au festival de Locarno, Un été en hiver (Tibi to habi) constitue sans doute le film le plus minimaliste de Shô Miyake, mais pas son moins captivant. Adapté de deux mangas du célèbre (au Japon) Yoshiharu Tsuge, le long métrage relie ses deux intrigues par son personnage principal, une scénariste. L'une est située en été, au bord de la mer, l'autre en hiver, dans une auberge isolée de montagne. Entre fiction conçue par l'héroïne du film et sa propre existence à la recherche de l'inspiration, les deux récits se rejoignent sur des thématiques similaires : la solitude et le désœuvrement et des rencontres inattendues qui viennent suspendre et surprendre les journées d'oisiveté et de contemplation. Car le spectacle de la nature, vagues et neige, remplit l'écran, source de mélancolie et de ravissement mêlés. Cela aurait pu être un film de Hong Sang-soo, mais le silence y occupe la plus grande place et l'alcool en est absent. Difficile d'affirmer que le film est sans cesse passionnant, mais il possède un charme indéniable dans son intemporalité et la douceur de son regard, alors même que ce qu'il raconte est moins de l'ordre de la narration classique que de l'épure, avec des histoires qui commencent, semblent vouloir se déployer puis s'éteignent, sans qu'il soit possible d'en retirer autre chose que des sensations et des questionnements, ce qui n'est déjà pas si mal.

Cinephile-doux
6
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le 6 avr. 2026

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