Quand on prend la mauvaise route...
Ultranova est un film que j'ai eu la chance de découvrir quelques années après sa sortie officielle lorsque mon établissement scolaire organisait un petit festival de court-métrage si mes souvenirs sont bons. Toujours est-il que le film de Bouli Lanners était l'occasion de promouvoir un film belge et cerise sur le gâteau, le réalisateur ainsi que l'acteur Vincent Lecuyer étaient présents pour l'occasion.
De Ultranova, je retiens un film extrêmement épuré comme je les aime, une volonté de s'intéresser à des petits bouts de vie de personnes assez bizarres, au mal-être apparents sans tomber dans une forme de réalisme ou de déprime comme le cinéma des Dardenne nous offre cela si bien.
Evidemment dans ce premier long, tout n'est pas parfait. On a du mal à voir une vision globale de ce que veut Lanners et surtout d'une histoire digne de ce nom pour accompagner son intérêt pour les différents personnages. Mais on constate aussi ce qui fera la marque de Lanners par la suite.
Le gris est partout. Mais il est joli. Il n'est pas filmé de manière à nous rendre encore plus morne et triste que ce que le paysage nous offre. Lanners a un véritable sens de la mise en scène et surtout de la photographie. On y retrouve donc un style épuré et des personnages hors du commun.
On notera la belle prestation des acteurs, notamment Vincent Lécuyer. Des comédiens qui jouent souvent de manière plus confidentielles au cinéma. Qui se souvient de Lecuyer dans JCVD par exemple ?
Qu'importe, c'est un premier film réussi, certes pas parfais et parfois inégal. Mais on sent les prémices du cinéma de Bouli Lanners. Ah oui, juste un mot sur cette musique minimaliste qui sert de BO: elle est très bien.