Quand Gladys Choseille et Eugénie Flan (!) se rencontrent, sur une place limougeaude, elles mettent un peu de temps à se reconnaître, car elles ne se sont pas revues depuis le lycée. Un conte sur la sororité, Un balcon à Limoges ? Euh non, pas vraiment. La confrontation de deux existences de quinquagénaires très dissemblables, plutôt, l'une est sans toit ni loi et danse sa liberté ; l'autre, mère célibataire, est raide et sans fantaisie, vote au centre et aide les réfugiés. Deux femmes qui vont faire un bout de chemin ensemble, ou pas. Le voisin philosophe qui observe le balcon en face et leurs mouvements a peut-être le fin mot de l'histoire. Sauf que le film, sur sa courte durée de 70 minutes, connait un point de bascule inattendu et irréaliste (il est vaguement inspiré d'une affaire des années 90), sans perdre pour autant son rythme alangui. De quoi s'agit-il réellement ? D'un récit politique qui décrit la France patibulaire du début des années 2020, avec une férocité sous-jacente ? Probablement que oui. En tout cas, sous son côté volontairement vieillot et ses embardées pop, Un balcon à Limoges possède une vraie personnalité et une concision radicale. Sans compter deux actrices assez formidables pour mener le bal, sur un tempo faussement léger : Fabienne Babe, que l'on est heureux de retrouver, et l'étonnante Anne-Lise Heimburger.

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le 3 avr. 2026

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