Pompeux, péteux, pédant, mention spéciale à Poupaud

C'est l'histoire de Sandra, traductrice veuve, maman de Linn, ainsi que de son papa, Georg, ancien professeur de philosophie ayant passé sa vie à cultiver et nourrir son cerveau de matière noble. A ce titre, il semble comparable aux senscritiqueurs dont nous faisons partie. Il finit par lui arriver ce que chacun d'entre nous redoute le plus : perdre la tête à laquelle nous avons consacré la majeure partie de nos vies.

En parallèle, Sandra vit une relation amoureuse avec Clément qui est déjà marié et papa d'un jeune garçon.

Un beau matin est un long-métrage en grande partie autobiographique de Mia Hansen-Love.

Avec un titre et une note pareils, personne ne s'attend à ce que je vende quoi que ce soit de positif sur ce long-métrage alors on va commencer par là, histoire de prendre tout le monde à contre-pied.

Pascal Greggory nous livre une interprétation à couper le souffle du vieux papa atteint d'une démence sénile, le syndrome de Benson. Léa Seydoux, comme toujours, incarne à la perfection son rôle, celui de la fille de ce dernier et de la maitresse d'un autre (attention, ça devient une habitude !). Voilà ce qui vaut les 3 points qui dépassent du 1/10 pour cette œuvre hautaine au possible.

MALHEUREUSEMENT :

De son côté, Melvil Poupaud est absolument insupportable. Il campe le rôle du mec parfait sur lui, en tout point, génial, intelligent, beau, compréhensif, qui fait un métier où il se doit d'être à la fois un intellectuel et un aventurier, qui parait tout prendre de haut, juste génial, abandonnant femme et enfant au foyer, certes, mais génial, avec ses allures de connard condescendant. C'est viscéral, ce personnage m'a donné envie de vomir pendant toute la projection.

J'invite quiconque n'ayant pas vu le film à y mettre fin 5 minutes après l'apparition de l'acteur à l'écran s'il lui fait le même effet qu'à moi. Spoil : ça ne passera pas.

Peut-être que le point de vue adopté est celui de Mia, la réalisatrice puisqu'il s'agit d'une œuvre en grande partie autobiographique incarnée dans Sandra. Peut-être a-t-elle trop cherché à l'idéaliser et que le too-much a pris le dessus ou peut-être qu'elle a réussi à retranscrire la typologie même du mec insupportable. On ne saura jamais si c'était du génie ou de la maladresse. Dans tous les cas, personne n'a envie de s'infliger cet individu pour lequel on cherche à nous attirer de la sympathie.

Vous l'aurez constaté, chacun des personnages à un métier à charge intellectuel éminent. Chacun d'eux, au travers de ses discours nous rabat les oreilles dès qu'il le peut à quel point il est cultivé. Chaque mouvement de caméra se pose obligatoirement sur les livres de la bibliothèque du papa et fait la mise au point sur les œuvres de Kant, Goethe et consort. Chaque fois qu'il est possible de citer, on part en name dropping.

... Et finalement, les 2 thématiques principales que sont la gestion d'un père sénile et l'idylle avec un homme marié ne sont que distillées au milieu du pompeux, du péteux et de la pédanterie.

Séance interminable sacrément désagréable.

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le 10 oct. 2022

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Alienure

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