N’ayant pas anticipé qu’il s’agissait d’un remake de La Poison de Sacha Guitry, j’ai d’abord eu l’impression d’avoir déjà vu le film, avant de comprendre que je le confondais avec son matériau d'origine. Au moment précis où madame la marâtre en manque d'affection se fait manipuler à l’hôpital, le film commence à tourner en rond. Villeret fait du Villeret, Balasko force le trait jusqu’à l’épuisement, et le film s’enferme dans une mécanique burlesque lourde.
Cette dimension comique très basique dessert le film par son manque de nuance, là où la version de Guitry me semblait autrement plus acide et bien plus équilibrée dans le rapport de haine qui se joue entre les deux époux.
À force de tout prendre à la légère, de grossir systématiquement le trait des personnages — y compris les plus secondaires — et de multiplier les coïncidences censées faire sourire (il y a beaucoup de Jacky dans ce village), Jean Becker, lui-même, donne l’impression de ne pas prendre son sujet au sérieux.
La rencontre avec Dussolier est un moment charnière qui m'a laissé espérer une bascule de la comédie potache de bas étage vers une dramédie plus dense. Il n’en est rien, Becker choisit de froisser le moins possible en optant pour une conclusion qui prend la forme d'un conte gentillet. Clairement moins risqué, mais c'est aussi insuffisant pour se hisser au niveau du matériau qu'il adapte.