Le début du film est inattendu et plutôt réussi, prologue acerbe qui, trois ans à peine après la Libération, nous montre un mauvais Français en la personne du détestable et cynique Raymond Pellegrin, planqué, faux résistant et profiteur de guerre sans doute. Le film de Maurice de Canonge n'hésite pas régler des comptes -ou à montrer une file d'attente devant une épicerie- à l'heure même où le cinéma français est plutôt dans l'exaltation des résistances à l'occupant et dans le consensus de la réconciliation nationale.
Sur la mauvaise pente pendant l'Occupation, Georges se retrouve tout naturellement, si on en croit la logique du scénariste, dans la délinquance, le marché noir et les mauvaises fréquentations, voyous et anciens collabos. C'est d'autant plus regrettable que son beau-frère est un flic intègre (Lucien Coëdel).
La singularité de ce polar construit en flashback s'estompe malheureusement très vite et le film, hors une ou deux séquences spectaculaires avec figuration nombreuse, rejoint le tout-venant le plus passable des intrigues de gangsters. Les personnages y sont simplifiés à l'extrême, sans épaisseur, pas même celui du flic annoncé dans le titre et qui, d'ailleurs, n'occupe pas tant de place que ça. On n'est pas dans la chronique policière réaliste ni dans le portrait de flic, et c'est dommage parce que Lucien Coëdel est bon.