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Solo, resté seul
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le 22 mars 2026
"Des jeunes russes en exil forcé racontent leurs expériences, et la caméra suit leur errance, politique, identitaire, existentielle."
A la fois pompier dans sa forme, dans sa narration fragmentée, toute en saccades et ellipses. Et quand même très creux, très "pauvre en matière", à mon avis. La pire des alchimies en somme.
Il ne s'agira jamais d'exposer les situations — il est clair qu'on ne fait pas là du reportage. Il ne faudra pas non plus présenter qui que ce soit, ou expliciter telle mise en contexte. Le film joue manifestement dans une autre cour, celle où se marient de hautes aspirations artistiques, formelles... Se demander donc constamment, (moi spectateur) qui est cette personne à l'écran, et ce qu'elle veut bien me dire. Et aussi, très vite, quelle est ma place, à moi, comme spectateur. Si tant est que cette place soit désirée.
D'une situation à l'autre, des béances si grandes qu'on cherchera vainement des points d'accroche. Des images énigmatiques qui impressionnent par leur charge de non-dit. Ne disent finalement pas grand chose (je trouve), au-delà de la pure factualité de la douleur de l'exil. Un témoignage dans La Croix ou Libération ne dirait pas autre chose, et serait sans doute plus instructif.
La caméra filme ses personnages en de longs plans excessivement composés, chiadés en cadre et en lumière. Au visionnage, la recherche esthétique prend ostensiblement le devant (j'ai bien dit devant : à titre d'écran). On imagine également qu'au tournage, l'étroitesse du dispositif, la rigueur de cadre, cassait le naturel des personnes filmées. Au montage et à titre de rattrapage, le film cutte en plein milieu d'un éclat de rire, dont on se demande bien à quoi il renvoie.
Vers la fin, une protagoniste pleure longuement face caméra. Chose qui, dans un documentaire, et lorsque c'est prémédité, devrait être tout simplement interdite. Un "forçage dramatique d'une situation réellement vécue". Remarquer que la personne a été soigneusement (et frontalement) placée dans le champ. Aussi bien a-t-on attendu ses larmes pour lancer le "action".
Phrases vaseuses échangées, sur la difficulté de l'exil, sur l'horreur de la guerre, sur le décalage générationnel avec les familles restées en Russie. Cut, image illustrative : un bâteau passe sur l'eau. Se dire, soit que cette image est absolument vide de sens (il fallait cutter, donc on montre le paysage) ; soit que c'est premier degré, et rester perplexe. Je me retrouverai autant perplexe devant ces plans de trains qui passent dans la neige (=exil de Russie). Ou devant ces plans de personnes qui dansent (=exutoire de personnes exilés). Une sorte de grandiloquence symbolique, épuisée en deux mots. Des clichés traversent lourdement le plan.
Vraiment, c'est rare à ce niveau, mais je ne sauve pas grand chose ! Et comme le film ne me semble pas particulièrement poli avec moi, je lui rends sa politesse.
Dire en tout cas : une "belle image" n'a aucune valeur en soi, voire est anachronique dans un tel film. Comme en l'occurence elle ne charrie pas beaucoup de sédiments (me semble-t-il, de nouveau), elle passe pour une boursouflure, un "style qui s'étouffe de lui-même".
Et remarquer encore : on ne sait trop si la réalisation cherche à exhumer une forme de parole vraie de la part de ses personnages (auquel cas c'est un échec à peu près total) ; ou si au contraire elle force le propos, fait jouer à des comédiens ce qu'elle attend d'eux (et dans ce cas il vaudrait mieux assumer, en toute cohérence, le pli fictionnel ; et ne pas se raconter d'histoires sur une caméra qui capterait, tout en retenue, des instants de vie).
Ni du lard, ni du cochon. Pas mal d'énervement. Beaucoup d'ennui.
Créée
le 21 mars 2026
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