Pour leur premier film, les frères Taviani décrivent la condition de la communauté paysanne en Sicile. Leur style est austère, sec comme la terre sicilienne, et si le film n'est pas une étude de moeurs, il en a parfois les accents suivant l'authenticité des visages, la vérité des paysages.
La condition des paysans, c'est la soumission à la mafia locale, c'est-à-dire au clan des patrons et des propriétaires terriens, prêts à assassiner pour s'opposer aux velléités de conquêtes sociales de leurs employés. C'est donc sa vie que risque le syndicaliste Salvatore quand il milite et revendique. Son portrait occupe le premier plan de cette chronique paysanne.
Paolo et Vittorio Taviani cherchent dans la personnalité de Salvatore les raisons d'une implication pleine d'abnégation. On ne sera pas étonné de retrouver dans le rôle le toujours engagé Gian Maria Volonte.
Le fil dramatique est mince, cependant. Qu'on ne s'attende pas précisément à un thriller mafieux avec action et spectacle assortis. L'intérêt qu'on porte au personnage central n'est pas constant. Aussi, c'est le réalisme attaché à la campagne sicilienne et à sa population qui m'a semblé le plus convaincant.